Technologie

L’intelligence artificielle porte la french tech

Créé le

21.01.2025

-

Mis à jour le

27.01.2025

Le Continent européen supporte assez
mal la comparaison avec le Royaume-Uni. Mais les start-up françaises font figure
de fer de lance grâce à la thématique de l’intelligence artificielle (IA).

« La reprise se fait attendre », commente KPMG, dans « Tech Insights 2024 », son étude parue en janvier 2025 sur les levées de fonds dans la french tech. Avec 194 opérations pour un montant de 5,8 milliards d’euros, le ralentissement de l’investissement dans les start-up de la french tech se poursuit. Les montants levés s’affichent en évolution de -31 % par rapport à 2023, année déjà marquée par un recul important. À l’exception des opérations entre 25 et 49,9 millions d’euros, toutes les tranches de levées de fonds accusent un fléchissement. L’engouement de la période post-Covid s’est bel et bien tari.

L’Hexagone se situe loin derrière le Royaume-Uni et ses 40 % de parts de marché. Outre-Manche, les montants levés ont reculé de 3 %, mais après une chute bien plus importante en 2023. « Une question de culture, d’appétence au risque notamment », commente Jean-Pierre Valensi, associé KPMG en France, Head of Capital Markets.

Le marché français peut cependant s’enorgueillir d’une deuxième place en Europe. Cette performance, il la doit beaucoup aux deux plus grosses opérations de 2024 dans la french tech : Mistral AI a effectué une levée de 600 millions d’euros, Poolside de 453 millions. L’IA est au cœur de ces projets. 2 107 milliards ont été levés dans le secteur des « Apps et Tech d’entreprises », IA incluse, en hausse de 57 % sur un an. Au passage, Mistral AI et Poolside font partie du Top 10 des opérations en Europe, Royaume-Uni compris. « Toute proportion gardée, la France bénéficie d’un écosystème relativement favorable au Private Equity dans la tech », explique Jean-Pierre Valensi.

La mobility tech résiste avec Electra

Ces sociétés de moins de trois ans d’existence ont fait baisser l’âge moyen des entreprises attirant des fonds. Malgré une diminution du nombre d’opérations dans ce segment, de 81 à 57, il a attiré 2 milliards d’euros, soit 36 % des montants, avec un ticket moyen de 36,4 millions d’euros. « Si l’on retire l’opération exceptionnelle de Verkor en 2023, nous sommes tout de même sur une croissance de +30 % », précise Jean-Pierre Valensi. Les entreprises plus matures ont eu davantage de difficultés.

La troisième opération d’importance concerne Electra, start-up parisienne spécialisée dans la recharge rapide pour véhicule électrique, avec une augmentation de capital de 304 millions d’euros. Elle permet à la mobility tech de se maintenir à une quatrième place, avec 725 millions d’euros levés, après une année 2023 exceptionnelle. La sustainability tech enregistre aussi une nette diminution des montants levés, de 2 082 milliards d’euros à 927 milliards, et un nombre d’opérations divisé par deux, selon l’étude. Elle parvient cependant à rester sur le podium français, en deuxième position, avec 927 millions d’euros. La fintech affiche quant à elle une hausse des montants levés, à hauteur de 737 millions d’euros, qui lui permet de se hisser à la troisième place.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº901
Tech Insights 2024 : la méthodologie
L’étude Tech Insights 2024 recense les levées de fonds des sociétés technologiques françaises, non cotées, indépendantes de groupes corporate et de moins de 20 ans, ayant réalisé une opération de plus de 3 millions d’euros, par investissement privé hors marché, en equity, entre le 1er janvier 2024 et le 15 décembre 2024. Pour les opérations mixant equity et dette, le total de l’opération est comptabilisé. Les données analysées sont basées sur les données Capital IQ. L’étude se penche également sur les résultats obtenus au Royaume-Uni, en Allemagne, en Suède, en Norvège, au Danemark, en Finlande, aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg, en Espagne et en Italie.