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Au cours de la dernière décennie, le secteur de la fintech a connu une importante phase d’innovations, et de nombreux acteurs se sont introduits en bourse. Pour mettre en lumière ces acteurs, analyser leurs performances financières et boursières, mais aussi comprendre les dynamiques à l’œuvre au niveau international, l’Observatoire de la Fintech a créé l’indice #Fintech 40 (voir encadré). Il regroupe quarante champions du secteur, répartis dans huit des neuf métiers de la fintech : paiement, middle & back-offices, services, cryptoactifs, néobanques, investissement, financement et assurtech. Cet indice affiche ainsi une capitalisation boursière de 833 milliards de dollars. Une valorisation impressionnante !
19 % de progression annuelle moyenne
En 2024, la performance boursière des quarante valeurs de l’indice #Fintech 40 a poursuivi sa progression, avec 14 % de hausse en 2024, après 25 % l’année précédente. Mais après avoir connu une hausse spectaculaire en 2020 et 2021, l’indice avait subi une correction en 2022. En six ans, le #Fintech 40 aura cependant affiché une progression moyenne annuelle de 19 %.
Le succès de 2024 reflète l’essor du chiffre d’affaires total des quarante entreprises constituant cet indice, passé de 145 à 165 milliards de dollars entre 2023 et 2024. Elles génèrent près de 42 milliards de dollars d’Ebitda (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement). Autre chiffre majeur : elles emploient près de 320 000 personnes. Certaines de ces entreprises représentent de véritables réussites mondiales.
Le marché américain séduit
Premier constat : les paiements dominent le secteur, avec onze sociétés totalisant 248 milliards de dollars de capitalisation boursière. Suivent le middle & back-offices (197 milliards) et les services (168 milliards), tandis que la crypto (82 milliards) dépasse les néobanques et l’investissement. La regtech n’est pas représentée pour des raisons de taille.
Quatre des cinq grandes régions du monde sont représentées. Avec vingt-trois acteurs basés aux États-Unis et vingt-six cotés sur les bourses américaines, l’indice reflète la prédominance du marché américain, soutenu par un écosystème propice à l’innovation et aux investissements risqués. L’Afrique ne compte pas encore de cotation de fintech sur un marché boursier.
Pour ce qui concerne la rentabilité opérationnelle, le paiement et les services se disputent la première place (respectivement 12,3 et 12,1 milliards de dollars d’Ebitda), suivis du middle & back-offices (5 milliards). Certaines entreprises ont une rentabilité élevée, comme Coinbase, avec un Ebitda équivalent à 48 % de son chiffre d’affaires ou Paypal avec 21 %.
Des multiples sectoriels élevés
En termes de multiples boursiers sectoriels, les métiers du paiement affichent des chiffres élevés, avec Adyen à 20 fois son chiffre d’affaires, Wise à 11 fois, et Affirm à 9 fois. Le middle & back-offices et les services ont aussi de bons multiples, comme Xero (18 fois) ou Intuit (11 fois). En fin d’année 2024, les entreprises de la cryptomonnaie, ont, elles, bénéficié d’une envolée, menant par exemple Coinbase à être valorisé 10 fois son chiffre d’affaires. Avec peu de modèles rentables cotés, l’assurtech est, elle, en bas du classement, à l’exception de Lemonade, valorisé à 6 fois son chiffre d’affaires.
Côté français, 2024 ne fut pas une bonne année. Trois fintechs sont présentes dans l’indice : Edenred, Worldline et Pluxee. Toutes trois dans le secteur des paiements. Elles ont connu des baisses importantes en bourse l’année dernière, respectivement de 41 %, 22 % et 37 %, parmi les plus fortes de l’indice, aux côtés d’Allfunds et Lufax, en recul de 22 % et 18 %. Ces baisses semblent cependant attribuables à l’instabilité récente en France. Pour mémoire, l’ensemble des entreprises françaises cotées avaient contreperformé en 2024, avec un recul de 2 % pour le CAC 40.