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La tokenisation va entrer dans le concret avec les NEU CP (Negotiable EUropean Commercial Papers), ces titres de créance négociables à moins d’un an émis par les banques et les entreprises. Lors d’une conférence de presse organisée le 19 mai, la Banque de France et Euroclear ont confirmé l’avancement du projet Pythagore.
Dévoilée en octobre dernier, l’initiative vise à tokeniser ce marché, dont l’encours avoisine 300 milliards d’euros. Tout le marché ? Non, mais les principaux émetteurs prennent part aux travaux et contribuent à la co‑construction du projet, même si cela ne préjuge pas d’un engagement de leur part à procéder à une émission digitale. Les grandes banques françaises ont répondu présent, tout comme de grandes entreprises et certains groupes publics[1].
Un pas supplémentaire vers une digitalisation
« Nous pouvons d’ores et déjà parler d’un engouement. Les émetteurs comptent bénéficier d’une réduction du poids documentaire, d’une rapidité des opérations, d’une automatisation de leurs reportings et d’un élargissement de leur base d’investisseurs », a fait valoir Isabelle Delorme, responsable de la stratégie produit et de l’innovation chez Euroclear.
La centrale de règlement-livraison met à disposition sa plateforme DLT (technologie de registre distribué), baptisée D-FMI (Digital Financial Market Infrastructure). Et la Banque de France, qui supervise le marché, se charge de la Monnaie numérique de banque centrale (MNBC), dite de gros, pour le règlement.
Avec Pythagore, les deux partenaires entendent accompagner les acteurs de la Place de Paris vers une tokenisation à grande échelle des actifs financiers. Ils souhaitent aussi renforcer l’attractivité des NEU CP, face aux EURO CP de Londres, leurs rivaux historiques.
[1] BRED, groupe Crédit Agricole (CASA et CACIB), CDC, SFIL, Crédit Mutuel Arkea, Avril, Rabobank, BPI, BFCM, Engie, Natixis BPCE, EDF, ACOSS, Société Générale, ASN Bank, Saint-Gobain, Banque Stellantis France et Orange.