Après des années de constats partagés sur les fragilités du marché bancaire européen, Bruxelles a ouvert un nouveau chapitre, en publiant son rapport mi-juillet sur la compétitivité bancaire. Voici les premières réactions.
Daniel Baal, le président de la Fédération Bancaire Française (FBF, actionnaire de La Revue Banque) jusqu’au 1er septembre, a salué le rapport de la commission européenne sur la compétitivité bancaire : « Sans banque forte, pas d’Europe ». Mais selon lui, les réformes à venir doivent être à la hauteur des enjeux, compte tenu des besoins estimés entre 1 200 à 1 400 milliards d’euros pour accompagner les transitions (numérique, souveraine...) de l’Europe. Pour la France, il regrette toutefois l’absence de mesure concrète sur le crédit au logement. Compte tenu de la spécificité du modèle français des prêts à taux fixe, les établissements tricolores disposent en effet de mesures transitoires jusqu’en 2032 pour limiter leur charge en capital dans le cadre de Bâle 3. « Les banques françaises ont un véritable savoir-faire en matière de crédit immobilier avec sans doute le taux de défaut le plus bas d’Europe, il ne faudrait pas que cette charge en capital double à l’avenir », a-t-il rappelé.
Un enjeu crucial
Un sujet donc à rajouter à la liste déjà longue des mesures à prendre pour améliorer la compétitivité. Les agences de notation commencent à analyser leurs potentiels effets. Plusieurs mesures visent ainsi à simplifier les exigences réglementaires et prudentielles notamment pour les petites banques. Ces évolutions « ne devraient pas entraîner d’affaiblissement significatif de leur capitalisation, mais devraient contribuer à réduire les coûts et la complexité », indique Robert Mazzuoli, Head of Regulatory Research, Global Financial Institutions chez Fitch Ratings.
Renforcer la compétitivité des banques européennes sur leur propre territoire est devenu indispensable, compte tenu des chiffres. Comme le rappelle dans une récente interview pour la Revue banque la secrétaire générale de l’ACPR, Emmanuelle Assouan, « les parts de marché des acteurs européens reculent face à leurs homologues américains, qui représentent désormais environ 60 % des services de BFI fournis au sein de l’Union européenne. » L’AFME (association européenne des marchés financiers) abonde également dans ce sens. Elle salue un rapport qui reconnaît les freins pesant encore sur les banques européennes et appelle désormais à passer rapidement du diagnostic à la mise en œuvre.