Une équation simple...
mais difficile à résoudre

Créé le

18.09.2024

-

Mis à jour le

04.10.2024

L’équation d’un succès, elle, est connue. Elle impose une vision. Les navigateurs appellent cela un cap, les politiques un programme, les patrons de rédaction une ligne éditoriale. Une fois le chemin tracé, il est important d’avoir une gouvernance cohérente pour le mettre en œuvre. La gouvernance, les critères ESG l’ont traitée comme le mauvais élève, celui situé en fonds de classe près du radiateur alors que le E de l’environnement, en première position, prend toute la lumière – y compris dans les nouveaux critères du label ISR, et que le S ne doit pas être négligé, surtout dans un pays comme la France ! Pourtant, le G est au cœur de tout. Dernier élément de ce tryptique: l’acceptabilité.

Si la France s’interroge, l’Europe n’est pas en reste. La vision ? A priori, il faut la chercher dans les récents rapports, produits par exemple par Enrico Letta et Mario Draghi. En France, c’est Christian Noyer qui s’était vu confier une mission par Bruno Le Maire sur le développement des marchés de capitaux pour financer l’avenir. Aussi avons-nous décidé de passer un long moment avec le gouverneur honoraire de la Banque de France, avant la réunion de l’Eurofi, ce think tank sur les marchés financiers, du 11 au 13 septembre à Budapest.

La vision, a priori, c’est « plus d’Europe ». La gouvernance est-elle adaptée pour y parvenir ? Le 17 septembre, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendait au parlement pour une présentation du rapport Draghi et dévoilait la nouvelle composition de sa commission. La France obtient une vice-présidence exécutive pour Stéphane Séjourné, et non pour Thierry Breton, au terme d’un happening politique. À ses cotés siègeront Teresa Ribera (Espagne), Henna Virkkunen (Finlande), Kaja Kallas (Estonie), Roxana Minzatu (Roumanie) et Raffaele Fitto (Italie). La gouvernance européenne interpelle, notamment cette composition de Commission où chaque pays envoie qui il veut – ou presque –, sans la moindre cohérence globale. Se pose aussi la question de l’acceptabilité du projet européen, à l’heure du repli sur soi...

Pour le secteur bancaire, le sujet européen est d’importance, l’union bancaire européenne et l’union des marchés de capitaux sont là pour nous le rappeler. Mais faut-il les considérer comme affichant des résultats probants ? Plus globalement, le secteur bancaire se trouve lui aussi confronté à cette équation du succès. L’environnement impose d’accroître les réflexions. Avec la montée en puissance du numérique, synonyme de concurrence d’acteurs très agiles, d’un temps plus calme d’un point de vue réglementaire. La vision bancaire française est singulière : avec son approche universelle et son secteur mutualiste développé. Cela devrait au passage inciter à la vigilance dans la comparaison internationale des chiffres... Côté gouvernance, on voit poindre un meilleur alignement d’intérêt entre les pouvoirs publics et les acteurs du marché. Quant à l’acceptabilité des évolutions, elle repose aussi bien sur le corps social des entreprises que des consommateurs.

Pour la France, pour l’Europe, pour le secteur bancaire, l’équation est simple. Mais la résoudre est un exercice compliqué.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº896