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Ce numéro de Revue Banque est celui de l’été. À l’heure où nous l’éditons, les résultats des élections législatives françaises ne sont pas connus. De fait, la dette française est sous tension. Toutefois, elle reste l’une des plus liquides en Europe, souligne un expert cité dans l’Actualité en revue (page 9). Si les marchés attendent le programme économique et budgétaire du futur gouvernement, « la politique est un facteur exogène qui n’est pas un thème d’investissement », assure Emmanuel Roman, directeur général de Pimco, « le premier fonds obligataire mondial » (dans Le Monde du 19 juin 2024). La France n’est pas le Royaume-Uni. Elle a sa place au sein de l’Union européenne (UE), avec la Banque Centrale Européenne (BCE) pour « veiller au grain ».
C’est à cette échelle qu’il faut concevoir les enjeux d’avenir, en se donnant les instruments d’investissement à long terme adaptés. Nous en avons débattu lors de notre premier RBLive (à retrouver sur notre site). « It’s politics, stupid » ? (pp. 16-17). La proposition inverse – « It’s the economy, stupid » (« l’économie, il n’y a que cela qui compte ») – est devenue une phrase culte de la politique américaine. Ce slogan aurait favorisé la victoire de Bill Clinton à la présidence en 1992, face à George Bush père.
Dans ce contexte, les conclusions de l’enquête (non sollicitée par l’industrie) menée par la Commission européenne après de producteurs de véhicules électriques chinois ou basés en Chine, feront date. Dans le cadre de la réglementation européenne, elles relèvent d’importantes subventions de la part du gouvernement chinois. Des mesures vont être prises.
Autour du monde
Cette action de la Commission donne un relief particulier à l’interview du mois. « La Chine est une économie de l’offre plutôt que de la demande », déclare Alicia Garcia-Herrero. La chef économiste Asie Pacifique pour Natixis, décrypte, en exclusivité pour Revue Banque, les arbitrages budgétaires et monétaires de la République populaire. Cet été, la session plénière du Comité central du Parti communiste n’annoncera peut-être pas de grand plan de relance mais des mesures destinées à baisser les dépenses fiscales. En parallèle, sa banque centrale devrait intervenir de manière ciblée avec des programmes construits pour réduire le coût de la dette régionale, en attendant un marché de l’immobilier assaini. En chinois, suivre les ordres de son chef, de son patron ou de son professeur est exprimé par un verbe qui traduit un niveau d’obéissance plus élevé que celui utilisé lorsqu’il s’agit d’appliquer une loi ou un règlement, autrement dit de s’y conformer.
La compliance (terme anglais usité en France) est au cœur de Revue Banque, avec son dossier (pp. 28-63). Grégoire Simon-Barboux, directeur de la conformité du groupe Société Générale, nous y livre sa définition et son analyse de cette discipline-clé dans les groupes bancaires, en ligne avec la stratégie de la direction générale et auprès des métiers. Il répond aussi sans fard à nos questions sur la mise en œuvre de la conformité dans le groupe, ses programmes de transformation et de remédiation. Ce témoignage est suivi des éclairages de représentants d’autres groupes bancaires (BNP Paribas, Crédit Agricole ou Oddo BHF), de l’autorité de contrôle du secteur (l’ACPR), ainsi que d’observateurs et experts.
D’autres partagent leur expertise dans la diversité des métiers des groupes bancaires français, tandis que Curtis Ting, directeur général de Blockchain.com pour la région Europe, Moyen-Orient et Afrique, nous dévoile pourquoi la plateforme d’échange de cryptomonnaies américaine a choisi Paris pour établir le siège de son nouveau laboratoire de développement de finance décentralisée.
Enfin, tous les abonnés de Revue Banque bénéficient de la version digitale de notre hors-série consacré aux « nouvelles voies de la finance », qui reposent sur un triptyque : durabilité, technologie, responsabilité, selon Aïda Hamdi, secrétaire générale de la House of Finance, déléguée générale de la chaire Femmes et Science à l’Université Paris Dauphine-PSL.
Bonne lecture, et bon été.