Sepa, une opportunité pour le cash management ?

Créé le

04.01.2011

-

Mis à jour le

16.03.2011

La mise en place de moyens de paiement européens n’enthousiasme guère les entreprises. Il est vrai que par certains aspects, les outils Sepa présentent des lourdeurs, mais, à l’inverse, ils sont également susceptibles d’occasionner une optimisation de la gestion de trésorerie. Ces gains peuvent être obtenus avec l’aide des banques dont l’offre s’étoffe à mesure que le projet Sepa devient plus concret.

Permettre à une entreprise de régler par virement des fournisseurs dispersés dans différents pays européens, aussi facilement qu'à l'intérieur d'un même marché national, quel que soit le montant… c’est l’une des avancées obtenues grâce au Sepa (Single Euro Payment Area). Ce projet vise à faire émerger des moyens de paiement européens. Certes, les perspectives en ce qui concerne la carte bancaire demeurent floues, mais deux outils ont déjà vu le jour : le virement (SCT – Sepa Credit Transfert) existe depuis janvier 2008 et le prélèvement (SDD – Sepa Direct Debit) est né en novembre 2009 (ou 2010 pour certains pays, dont la France). Depuis lors, ils cohabitent avec les moyens de paiement nationaux mais ces derniers vont disparaître, très probablement fin 2012 et fin 2013. Les entreprises et leurs prestataires de services de paiement (qui sont le plus souvent des banques, même si des acteurs non-bancaires peuvent depuis peu entrer dans la course) doivent maintenant achever la transition vers Sepa. Mais quelles sont les conséquences pour les trésoriers?

Les établissements bancaires expliquent aux entreprises comment Sepa contribue à une optimisation des flux de liquidité. Par exemple, il facilite la constitution de payment factories, véritables usines destinée à industrialiser le traitement des paiements. Si certains trésoriers reconnaissent ces avancées, bien des PME se sentent peu concernées. Autre catégorie réfractaire : les entreprises qui pratiquent le prélèvement. En effet, le mécanisme du SDD, contrairement au SCT, risque d’alourdir le fonctionnement de la trésorerie.

Il existe tout de même, une initiative européenne qui fait l’unanimité auprès des clients des banques : la lutte contre les commissions d’interchange. Et encore ! Certaines entreprises craignent que les banques ne reportent sur le consommateur final les frais générés par les prélèvements. Aussi, globalement, les trésoriers sont plutôt inquiets face au Sepa.

Devant ces clients sceptiques, l’offre des banques se veut, malgré tout, attractive. Il s’agit par exemple de proposer davantage de services aux trésoriers qui pourront aller plus loin dans la voie de l’externalisation.

La course à la taille est également un enjeu majeur pour les établissements qui veulent dominer l’Europe des paiements. Des alliances entre différents acteurs (banques et autres prestataires de services de paiements) sont donc réalisées depuis peu ou en préparation.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº288