Un passage au Sepa en pente douce

Créé le

04.01.2011

-

Mis à jour le

14.01.2011

Sans se préparer spécifiquement aux nouveaux moyens de paiement européens, le groupe L’Occitane en Provence veille à ce que les futurs outils utilisés par sa trésorerie soient « Sepa compatibles ». Son directeur cash management et financements, Amaury Godron, attend avec impatience de voir toutes les banques jouer le jeu.

L’Occitane étant une entreprise très internationale, dans quelle mesure est-elle concernée par le projet Sepa ?

Environ 50 % de notre chiffre d’affaires est réalisé en Asie, mais l’Europe demeure très importante pour nous.  D’une part, nos deux usines de fabrication de produits l’Occitane et Melvita, la seconde marque du groupe l’Occitane, se trouvent respectivement à Manosque en Provence et à Lagorce en Ardèche. D’autre part, nous avons des boutiques dans de nombreux pays européens. Nous sommes donc concernés par le virement et par la carte Sepa.

Comment vous préparez-vous au virement Sepa ?

Sepa s’inscrit pour nous dans une démarche plus large de modernisation des outils utilisés par notre trésorerie. En effet, nous disposions de plusieurs ERP qu’il était nécessaire d’homogénéiser de façon unique au niveau mondial ; nous sommes donc en migration vers SAP pour toutes  les structures du groupe. Par ailleurs, notre logiciel de trésorerie va être remplacé car il n’est compatible ni avec Sepa ni avec les protocoles susceptibles de se substituer à Etebac, comme swiftNet que nous allons adopter. C’est surtout la fin d’Etebac  programmée pour octobre 2011 (et non pas l’arrivée de Sepa) qui nous a décidés à changer notre logiciel. Cette modernisation sera achevée au cours du premier semestre 2011 et nous serons alors Sepa-compatibles.

Que va vous apporter le virement Sepa ?

Dans ce contexte de modernisation de nos outils, Sepa constituera indéniablement un « plus ». Les formats de virements nationaux seront remplacés par un format unique. Ainsi, nous n’avons besoin que d’un seul format unique qui sera généré par notre ERP et qui sera envoyé via notre nouveau logiciel de trésorerie à nos banques pour payer nos fournisseurs en Europe ; nous n’avons pas à développer x formats pour x pays dans notre nouvel ERP.

Mais les bénéfices apparaîtront surtout quand toutes les entreprises vont émettre sous format Sepa. Une autre condition est nécessaire au véritable succès de ce projet : les banques – qui aujourd’hui ne sont pas toutes prêtes – nous restitueront l’intégralité des informations que les entreprises introduisent dans les paiements Sepa. Ces informations vont nous permettre de réconcilier nos flux de façon plus automatisée. Par exemple, nous espérons avoir l’exhaustivité des informations liées à toutes les factures payées par ce virement.

La end date qui sonnera le glas des formats nationaux étant désormais approximativement fixée, les entreprises vont devoir accélérer leur migration sans plus attendre.

Cette date butoir se situera, très probablement, à la fin de l’année 2012 pour le virement. Ce délai est-il raisonnable à vos yeux ?

Oui, pour l’Occitane en Provence, ce délai est raisonnable, le format Sepa est connu et normé.

Les banques ne sont-elles pas déjà opérationnelles concernant le virement Sepa ?

En France, elles le sont mais ce n’est pas toujours le cas dans tous les pays européens. En revanche, les banques françaises ne sont pas encore prêtes pour nous restituer les relevés de compte au format Sepa (ISO 20022). Les travaux interbancaires sont toujours en cours concernant les spécifications XML portant sur ces relevés bancaires.

Avez-vous des critiques à formuler sur le virement Sepa ?

Ce format a pour objectif de normer les pratiques, et pourtant, il laisse parfois aux banques une trop grande marge de manœuvre : certains champs étant optionnels, ils deviennent, selon les banques, facultatifs ou obligatoires. Certains établissements exigent que des champs optionnels soient complétés, ce qui introduit de l’hétérogénéité alors que l’objectif de Sepa est d’uniformiser.

Allez-vous constituer une payment factory ?

Si les payment factory sont intéressantes pour les grandes entreprises qui génèrent des milliers de virements chaque mois, il n’en va pas de même pour une société comme l’Occitane en Provence qui n’a que des filiales de distribution dans les pays européens.

Êtes-vous intéressé par la Carte Sepa, la SCF (Sepa Card Framework) ?

Oui, nous détenons 219 boutiques en propre en Europe à fin septembre 2010 et avec ces nouvelles règles européennes liées à l’interopérabilité des cartes, nous aurons davantage de choix concernant la banque à laquelle nous confierons l’acquisition de nos transactions par carte et nous espérons une baisse des frais versés par les commerçants sur les paiements par carte.

 

Fiche d’identité de L’Occitane en Provence :







Entreprise française







Activité : fabrication et vente de produits cosmétiques







Chiffre d’affaires consolidé : 612,2 millions d’euros au 31 mars 2010 (Asie : 46 %, Europe : 26 %, États-Unis : 15 %)







Nombre de boutiques à travers le monde : 1 541 boutiques, dont 764 en propre.

À retrouver dans la revue
Banque et Stratégie Nº288