Technologiquement à la pointe comme les FinTechs, mais assis sur une base d’utilisateurs dépassant souvent le milliard d’individus, les géants du web – qu’ils soient parmi les GAFA(M), les NATU ou les
Raffiner le nouvel « or noir »
Le fait est que plusieurs de ces « BigTechs » se sont déjà aventurées sur le territoire des institutions financières, principalement par le biais du paiement. Apple Pay, Google Pay, paiement entre amis sur Messenger, carte de paiement et bouton « one click » d’Amazon, jusqu’au concept de paiement « invisible » popularisé par Uber et Amazon
Engranger toujours plus de données, c’est l’opportunité pour ces BigTechs d’affiner leurs algorithmes, en particulier publicitaires. Certes, les GAFA disposent d’énormes quantités de data – le fameux « or noir » du XXIe siècle –, de la photo de mariage postée sur Facebook à la requête Google sur les prix de l’immobilier dans un quartier. Mais ces données ne sont pas aussi riches que celles détenues par les banques : paiements, remboursements de crédit, épargne, fiches de paie, avis d’imposition… et tout leur historique déjà modélisé dans leurs outils de scoring. Cela n’empêche pas certains acteurs du web de tenter une incursion dans le crédit. Là encore, Amazon fait figure de pionnier, en octroyant des prêts aux vendeurs de sa plate-forme, basés notamment sur leur activité commerciale. Outre la quantité de données à disposition, c’est donc bien leur utilisation qui fera la différence : l’enjeu pour les banques sera de savoir exploiter ces data de manière automatique, leur donner du sens grâce à des outils d’intelligence artificielle, tout en s’assurant du respect des règles de protection dans un monde
Vers un « scénario à la chinoise » ?
Les velléités des géants technologiques vis-à-vis du secteur financier doivent toutefois être nuancées. Même si elle est entrée dans une démarche d’ouverture, la réglementation fait encore office de repoussoir. La sensibilité des questions liées à l’argent peut en outre freiner certaines initiatives, alors que l’émotion causée par l’affaire Cambridge Analytica et l’utilisation de données à des fins politiques n’est pas encore retombée. Enfin, la plupart de ces acteurs sont d’ores et déjà des partenaires majeurs des institutions financières, que ce soit dans les domaines du marketing, de la relation client ou des systèmes d’information (notamment le cloud). Aller plus loin dans les services financiers reviendrait à concurrencer en direct leurs propres clients.
Si, à court terme, en Europe, la relation est davantage au partenariat qu’à la concurrence, l’analyse de l’avenir doit se faire sans naïveté, comme le rappelle la situation