En s’engageant dans la campagne pour les élections européennes de 2019, Emmanuel Macron va-t-il réussir à rendre optimistes les proeuropéens, comme il a si bien su le faire au lendemain de son arrivée à l’Élysée ? Au travers de plusieurs prises de paroles exaltées, il avait en effet donné sa vision pour l’Europe : il y eut le fameux « discours de la Sorbonne », mais aussi le texte prononcé à Athènes le 7 septembre 2017, dans lequel Emmanuel Macron appelait de ses vœux une zone euro plus intégrée, un « cœur d'Europe qui en soit l'avant-garde ». Las ! cet élan ne s’est pas vraiment traduit en réalisations concrètes. Par exemple, le projet de création d’un embryon de budget pour la zone euro n’aboutira pas avant le renouvellement du Parlement européen. Et dans la future assemblée, à en croire les sondages effectués à travers l’Europe, il sera difficile de faire émerger une majorité favorable à une zone euro plus intégrée (voir l’article de Gilles Moec). L’Union
Pourtant, les partis eurosceptiques ne devraient pas prendre le pouvoir lors du prochain scrutin, même s’ils obtiennent une « poussée ». Les groupes proeuropéens demeureront majoritaires au Parlement, mais ils sont eux-mêmes parcourus par une frontière de plus en plus marquée reflétant le clivage entre :
- d’une part, des pays du nord de l’UE (Allemagne, Ligue Hanséatique), qui tendent de plus en plus vers la rigueur (réformes structurelles, réduction des risques…) ;
- d’autre part, les pays du sud de l’UE (surtout l’Italie), qui réclament depuis longtemps plus de solidarité entre États membres et plus de flexibilité.