L’année 2017 a été marquée par le premier cas de résolution d’une banque européenne : celle de la banque espagnole Banco Popular (voir Encadré 1), déclarée « en situation de défaillance avérée ou prévisible » le 6 juin 2017 et achetée le lendemain par Banco Santander, pour 1 euro, après la conversion et la dépréciation de ses instruments de capitaux propres (CET1, AT1 et T2). Ce succès « public » a permis de mettre en lumière les autres réussites, moins visibles, du mécanisme de résolution unique en 2017 : cent six plans approuvés par la session exécutive du CRU, vingt-six collèges de résolution tenus et cinq collèges de résolution européens, plus de deux cents ateliers de travail avec les banques. Un tiers des cent vingt groupes bancaires sous la responsabilité directe du CRU (les groupes les plus complexes) en sont maintenant à leur troisième itération avec le CRU et des niveaux indicatifs de MREL ont été calculés pour la majorité d’entre eux (toutes les G-SIIs
2016 : mise en cohérence MREL-TLAC
Dans le même temps, la question de la mise en cohérence de la réglementation européenne avec les standards internationaux édictés par le Conseil de Stabilité Financière (FSB) s’est posée et des propositions concrètes ont vu le jour.
La fin de l’année 2016 a permis en effet de lever certaines craintes des banques sur ce sujet. En novembre 2016, la Commission a présenté un ensemble de réformes modifiant le « package
En outre, en matière de solvabilité, la Commission a proposé la création d’instruments de dette non garantie non préférée pour faciliter l'émission par les banques de titres leur permettant de répondre aux obligations en matière de TLAC et MREL et répondant au critère de subordination de type « statutaire ». Ces propositions, largement soutenues par la profession, l’EBA et la Banque Centrale Européenne (BCE) ont été reprises dans la directive publiée en décembre 2017 relative au rang des instruments de dette non garantie dans la hiérarchie en cas
2017 : la nouvelle politique MREL
Par ailleurs, après la publication, en février 2017, par le CRU de son « Approche MREL » et la communication aux banques les plus complexes des premières cibles informatives de MREL, une nouvelle étape a été franchie en décembre 2017, lorsque le CRU a publié sa nouvelle « Politique MREL 2017 », qui servira de référence pour la détermination de ses décisions relatives au MREL dans le cadre du cycle de planification de la résolution 2017. Pour la première fois, des cibles contraignantes de niveau de MREL seront fixées aux groupes les plus complexes (G-SIIs inclus) en troisième cycle de plan, selon une approche de type « Pilier 2 ». Le CRU définit également les critères de subordination que doivent remplir les instruments de renflouement interne (voir Encadré 3).
Les cibles seront fixées sur base consolidée, selon une approche au cas par cas qui permettra d’ajuster la cible en fonction de la stratégie de résolution, de la résolvabilité et des particularités de chaque groupe (voir Encadré 4). Ces objectifs pourront être appliqués de manière graduelle (sur une période maximale de quatre ans, avec des cibles intermédiaires, le cas échéant). La plupart des autres banques sous la responsabilité du CRU (celles qui ne font pas partie des plus importantes ni des plus complexes) recevront des objectifs indicatifs, destinés eux aussi à devenir obligatoires dans les années suivantes. Ces communications devraient permettre aux banques de calibrer dès maintenant leur politique d’émission sur plusieurs années, en dépit d’un cadre réglementaire encore en évolution, les propositions de modifications de CRR/CRD IV et de BRRD n’ayant pas encore été adoptées au niveau européen.
2018 : le dispositif de renflouement interne
L’année 2018 devrait être celle visant à rendre opérationnel le dispositif de renflouement interne, qui est également l’objet des deux dernières consultations du Conseil de stabilité financière (FSB) concernant la
Enfin, on peut s’attendre à ce que la réalité de la MREL devienne plus mordante du fait de l’anticipation des impacts de « Bâle