Scénarios catastrophe

« 7 exercices en grandeur réelle par an »

Créé le

05.04.2011

-

Mis à jour le

03.05.2011

Avec des implantations situées au-dessus de la gare Montparnasse couverte depuis des années par le plan vigipirate, d’autres dans la Tour du même nom classée « site sensible », ou au bord de la Maine à Angers à la merci de ses débordements, CNP Assurances a une expérience certaine des mises en œuvre de ses PCA.

Quel est votre dispositif de continuité d’activité ?

Les PCA sont en place chez CNP Assurances depuis plus de 10 ans. Une structure de trois personnes, rattachée directement au secrétariat général du groupe, a pour mission de mettre en place des plans de continuité pour les activités vitales de l’entreprise. En outre, une cellule  de gestion de crise est mise en place si un événement survient, et sollicite tous les acteurs : la communication, la DRH, la logistique, la DSI… et si nécessaire, la direction générale. Chaque direction compte un interlocuteur gestion de crise qui constitue notre relais.

Nous travaillons également avec des intervenants extérieurs comme la brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris : nous avons ainsi modélisé en trois dimensions, toute la structure de notre bâtiment, qui est assez complexe, avec les circulations de ​flux, les points d’accès ou sensibles, etc. Cette modélisation a été mise à disposition sur le poste de commandement ​de la brigade des Sapeurs-Pompiers pour que ceux-ci sachent comment accéder rapidement au bâtiment en cas d’incendie.

Nous menons régulièrement des exercices de crise qui sollicitent, au moins tous les deux ans, chaque direction disposant de processus vitaux. Le directeur est au courant de la date de l’événement mais les utilisateurs métiers ne sont pas prévenus. Ils peuvent être amenés à se replier sur un site externe pour vérifier que la continuité d’activité est assurée. Un de nos sites de secours est en région parisienne, à une distance raisonnable de notre siège qui est situé dans le 15e arrondissement. Il ne doit pas être dans la même zone de risque, par exemple suffisamment à distance pour ne pas être sur la même alimentation électrique. Il est également prévu d’accéder à distance à son poste de travail, à partir de postes banalisés mais sécurisés.

Enfin, nous disposons d’une « malle » de crise mobile stockée à l’extérieur, un peu comme un hôpital de campagne, et pouvant être opérationnelle en deux heures.

Comment se déroulent les tests que vous faites régulièrement ? Quels sont les scénarios simulés ?

Nous faisons à peu près 7 exercices en grandeur réelle par an, ainsi qu’un exercice avec la direction générale de grande ampleur sur la base de scénarios plus complexes. Nous essayons aussi de faire de temps en temps des exercices à l’international, en intégrant la difficulté liée aux décalages horaires.

Notre immeuble, par sa situation au-dessus de la gare Montparnasse, offre, outre les « grands classiques » comme les incendies ou crues de la Seine, une certaine variété de scénarios :  blocage de la gare ou du quartier, application du plan vigipirate, etc. De plus, dans un IGH (immeuble de grande hauteur, NDLR) comme le nôtre, toute coupure de l’alimentation électrique ou de la climatisation sur une très longue durée nous oblige à évacuer…

Avez-vous eu l’occasion de déclencher récemment ces PCA ?

Nous avons une implantation basée à Angers, le long de la Maine, qui déborde de temps en temps : nous activons alors nos sites de repli. Mais d’année en année, cela ne nous surprend plus vraiment !

En revanche, en août 2009, une coupure électrique a privé de courant les 14e et 15e arrondissements, pendant deux jours du vendredi au samedi. Le bâtiment a été évacué et nous étions en capacité, si nécessaire, d’effectuer un repli sur le site externe le lundi. De même, en 2010, notre implantation dans la Tour Montparnasse a connu un lundi matin une rupture électrique qui en empêchait l’accès ; nous avons là aussi activé notre site de repli. Quant aux chutes de neige cet hiver, c’était un scénario que nous avions envisagé peu de temps auparavant, ​tout en pensant qu’il était peu probable ! Nous sommes restés en alerte, le plan étant que certains collaborateurs resteraient chez eux pour travailler à distance si cela ne se décantait pas. Mais au final, nous n’avons pas eu besoin de déclencher le PCA.

Quels enseignements avez-vous retenus de ces mises en œuvre ?

La rapidité de l’alerte est essentielle dans ces situations. Nous sommes en train de travailler sur cette question pour automatiser l’alerte téléphonique sur les BlackBerry des membres de la cellule de crise. Un site web de gestion de crise sera bientôt en place pour fédérer l’ensemble des acteurs autour d’un même outil. Autre enseignement : les collaborateurs doivent s’exercer régulièrement pour acquérir les bons réflexes. Enfin, le positionnement du service Plan de continuité entreprise au sein du secrétariat général facilite son intervention et montre bien l’implication de la·direction générale dans le dispositif.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº736