Qui dit informatique quantique, dit manipulation à un niveau subatomique. Et l’un des principaux obstacles encore existant est la nécessité, pour les processeurs quantiques, de disposer d’un environnement le plus froid possible pour maintenir le calculateur en conditions opérationnelles stables. Depuis deux ans, dans le cadre du projet « Goldeneye », IBM travaille sur un système de refroidissement adapté (un super-réfrigérateur expérimental, voir photo). Et son service de R&D vient d’annoncer avoir atteint une température de fonctionnement d’environ -25 millikelvin, soit -273,125 °C. Une valeur proche du zéro absolu (0 kelvin, soit -273,15 °C). « Ce test a démontré les performances de Goldeneye à travers les yeux d’un qubit, en mesurant les fréquences et les temps de cohérence des qubits (combien de temps ils peuvent conserver les informations quantiques), précise IBM dans son billet de blog annonçant cette réussite. Nous avons pu reproduire des temps de cohérence d’environ 450 microsecondes, similaires à ceux mesurés sur d’autres systèmes de réfrigération à dilution commerciaux. Nous n’avons pas observé de diminution des performances du qubit malgré l’environnement interne différent et un volume expérimental beaucoup plus important. Et malgré sa taille, Goldeneye est efficace. Il nécessite moins d’espace que les réfrigérateurs actuels à dilution à grande échelle afin d’accueillir une quantité équivalente de matériel quantique. »
Pour autant, la société ne prévoit pas d’usage industriel de Goldeneye avant 2025 et il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour passer du laboratoire à une application commerciale. Celle-ci se fera d’abord, comme pour les offres quantiques déjà existantes de la société, sous forme d’un service à la demande avec l’ordinateur quantique hébergé chez IBM.