Antiblanchiment : l’AMLA réaffirme ses ambitions

Créé le

16.06.2026

-

Mis à jour le

17.06.2026

Le nouveau superviseur européen recrute massivement et pose les jalons de ses actions.

Deux ans après sa création, l'Autorité européenne de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme (Anti-Money Laundering Authority ou AMLA) avance rapidement sur la question de sa structuration. Lors des rencontres antiblanchiment organisées le 16 juin par l’ACPR, son directeur exécutif, Nicolas Vasse, a rappelé quelques chiffres : « À mon arrivée il y a 9 mois, l’équipe comprenait 30 personnes, aujourd’hui nous sommes 150, et nous devrions être 230 à la fin de l’année et 430 fin 2027. » Si elle veut tenir ce calendrier, la nouvelle instance supranationale pour lutter contre l’argent « sale » doit avancer vite.

Comme prévu, elle devrait en effet annoncer le nom des 40 entités sous sa supervision directe en 2027, pour une mise en application dès 2028. Présidé depuis 2025 par Bruna Szego, l’AMLA travaille de concert avec les superviseurs nationaux (comme l’ACPR), Tracfin et les cellules de renseignement financier (CRF). L’Autorité installée à Francfort se veut utile en reliant renseignement et supervision, car les enjeux sont de taille. « Nous estimons entre 1 et 3 % du PIB le montant du blanchiment en Europe, ce qui se compte en centaines de milliards d’euros chaque année », a rappelé Nicolas Vasse, qui veut mettre fin à la fragmentation européenne pour mieux lutter contre ce phénomène. Les banques seront mises à contribution. Sans attendre la publication de toutes les normes techniques réglementaires (RTS) du paquet législatif de 2024, les établissements financiers doivent intégrer ce sujet via une approche par les risques et proportionnée. Les crypto-actifs ou encore les nouveaux moyens de paiement seront d’ailleurs dans le viseur des superviseurs.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº918