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Conflits militaires ou commerciaux, sanctions, ruptures d’approvisionnement, cyberattaques... Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le risque géopolitique s’est imposé comme un danger majeur pour les banques en Europe. Transversal, il peut affecter les activités courantes, le crédit, les marchés, la liquidité, les taux, mais aussi la gouvernance, la stratégie, ou encore les modèles d’affaires. Fin juillet, la BCE a publié les enseignements du « reverse stress test » géopolitique effectué par 110 groupes bancaires européens, dont 12 français.
L’exercice inverse la logique des stress tests classiques. Au lieu d’appliquer un scénario commun, chaque banque devait construire le choc le plus pertinent pour son profil et susceptible de faire baisser d’au moins 300 points de base son ratio Common Equity Tier 1 (CET1). Les établissements devaient aussi mesurer les effets sur leur liquidité et leur refinancement.
Les scénarios retenus couvrent les principaux chocs géopolitiques (voir graphique). Les canaux de transmission sont d’abord macroéconomiques, puis financiers et opérationnels, la continuité d’activité devenant centrale en cas de conflit armé ou de cyberattaque. Pour limiter l’impact en capital, les banques envisagent plusieurs leviers : augmentation de capital, restriction des distributions, cessions d’activités, réduction d’expositions de crédit ou programmes de baisse des coûts.
Le Mécanisme de surveillance unique (MSU ou SSM) juge les scénarios suffisamment sévères et y voit un outil de supervision utile, qui pourrait être réemployé. Mais il pointe trois axes d’amélioration : mieux développer certains scénarios et leurs effets de propagation, articuler plus finement solvabilité et liquidité, et tester la faisabilité réelle des mesures d’atténuation en cas de stress généralisé. Les résultats nourriront le dialogue prudentiel du processus de contrôle et d’évaluation prudentiels ou SREP 2026, en cohérence avec le processus interne d'évaluation de l'adéquation du capital ou ICAAP.