À chaque infraction, son impact sur le public

Créé le

08.04.2026

-

Mis à jour le

09.04.2026

La résonance médiatique d’une sanction prise contre une entreprise est fonction de nombreux paramètres. La nature de l’infraction affecte le risque réputationnel, mais pas seulement.

À l’heure du name and shame et des réseaux sociaux, les entreprises font face à des risques réputationnels d’un nouveau genre et leur impréparation en la matière peut leur coûter d’autant plus cher. Ce problème se pose avec d’autant plus d’acuité pour les banques, « tiers de confiance ». A cet égard, l’affaire dite des « CumCum », même si les interprétations juridiques quant à l’existence d’une fraude fiscale ou non ont pu être divergentes, fait partie de ces événements où l’image des établissements bancaires auprès du public peut en ressortir écornée. Toutes les sanctions, cependant, n’ont pas des retombées médiatiques de même nature, ni de même ampleur. Le cabinet FTI Consulting vient de publier une étude offrant un panorama chiffré des « cycles de couverture médiatique » liés aux sanctions de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil), de l'Autorité de la concurrence, de l'Autorité des marchés financiers (AMF) et du Parquet national financier (PNF).

Le montant des amendes : un accélérateur

Sans surprise, le montant des amendes constitue un accélérateur de ces retombées médiatiques, de même que la notoriété de l’entreprise mise en cause. Autre constat, moins évident : le PNF est l’institution dont les sanctions sont le moins médiatisées. Cette probabilité est de seulement 22 %, contre 99 % pour celles émanant de l’AMF. Cette médiatisation, pour peu probable qu’elle soit, se révèle souvent massive, dans la presse comme sur X, tandis que l’évocation des affaires émanant de l’AMF reste cantonnée à la presse économique et financière, avec un faible écho sur X.

Un autre facteur entre ici en ligne de compte : la technicité. Plus l’infraction est technique, moins elle a de résonance. Santé, pouvoir d'achat ou atteinte à la vie privée : plus le sujet est familier pour le grand public, plus la condamnation attise son indignation. C’est pourquoi les affaires de fraude fiscale traitées par le PNF sont généralement retentissantes.

Présomption de culpabilité

Le cabinet conseille à l’acteur pris en faute de faire preuve d’humilité et de faire amende honorable. Un point retient néanmoins l’attention : une convention judiciaire d’intérêt public (CIJP) ne protège pas d’une médiatisation négative. Un montant élevé pour cette dernière attirera bien évidemment l’attention. Mais il faut aussi savoir qu’elle sera dans un premier temps interprétée comme une présomption de culpabilité. Pour rappel, concernant l’affaire dite des « CumCum », Crédit Agricole et HSBC avait finalement opté pour cette procédure.