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Si la transition énergétique présente des « opportunités » pour les banques, elle engendre « un sentiment de perte de maîtrise pour nos clients », a relevé Nicolas Namias, président du directoire de BPCE lors de la présentation de son plan « Vision 2030 », le 26 juin 2024.
Certes, une majorité des propriétaires envisagent des travaux pour leur résidence principale, mais la moitié déclare ne pas en connaître la note DPE (Diagnostic de performance énergétique) et la même proportion ne pas disposer du budget nécessaire pour une rénovation énergétique, constate le Baromètre Habitat et Rénovation énergétique publié le lendemain par Franfinance (groupe Société Générale), et réalisé avec Viavoice. Or, seulement 20 % des Français propriétaires de leur logement pensent recourir aux aides, notamment Ma Prime Rénov, et 65 % jugent complexe le montage des dossiers. Cela montre à quel point « il est important que les spécialistes de la rénovation énergétique proposent une solution de financement afin d’accompagner les Français efficacement dans la réalisation de leurs projets », souligne Franck Martz, directeur commercial Prescription-Financement aux particuliers chez Franfinance.
Dans sa « Vision 2030 » assortie d’objectifs financiers (+ 5 % du produit net bancaire et de 5 milliards d'euros de résultat net part du groupe par an) à horizon 2026, BPCE entend notamment accompagner la rénovation énergétique des logements de ses clients en proposant des solutions de financement. Le groupe a déjà annoncé un partenariat (incluant Oney, filiale de BPCE et de ELO) avec Leroy Merlin pour « une offre complète de solutions financières incluant l’éco-prêt à taux zéro ». Au-delà, il va créer une nouvelle ligne métier dédiée à l’immobilier et au logement pour stimuler la production, favoriser l’accès à la propriété et se mobiliser comme tiers de confiance. Crédit Mutuel Alliance Fédérale partage cette volonté d’accompagner les ménages pour leurs travaux de rénovation énergétique. Plus exactement, le groupe va accompagner 100 000 clients d’ici 2027 en proposant un prêt à 0 %, sans frais de dossier, à rembourser une fois l’aide MaPrimeRénov’ perçue. Le coût de ce dispositif (935 euros pour 25 000 euros avancés sur 12 mois) est financé par son « dividende sociétal ».
Ces annonces récentes illustrent l’engagement des banques françaises pour contribuer au financement de la rénovation énergétique des habitations. Une priorité nationale, quand le parc immobilier comprend 15,7 % de logements classés en « passoires thermiques ».