Aujourd’hui plus que jamais, l’investissement durable et responsable s’inscrit comme un axe stratégique dans l’esprit des investisseurs et non plus comme une tendance. Ces derniers se sentent de plus en plus concernés par les problématiques liées à la transition écologique et sociale. Ils manifestent ouvertement leur engagement à travers le choix et le sens qu’ils souhaitent donner à leurs placements. Le défi de répondre à l’urgence créée par le changement climatique mais aussi par la crise sanitaire commence donc à s’imposer aux entreprises.
Les banques sont désormais en position d’y répondre. C’est effectivement le cas de la Caisse d’Épargne qui a lancé, en 2020, le prêt à impact afin de valoriser l’engagement social ou environnemental de ses clients du secteur de l’immobilier et du logement social. Ainsi, pour la première fois, les critères d’attribution d’un prêt sont extra-financiers, indexés sur des objectifs environnementaux ou sociaux :
– des critères sociaux à travers le « prêt à impact Social » autour de cinq thématiques : l’inclusion, le handicap, le vieillissement, la mixité urbaine et la santé des occupants ;
– des critères environnementaux à travers le « prêt à impact Environnemental » regroupés également autour de trois thématiques : la performance énergétique et le rejet de gaz à effet de serre, la conduite bio-responsable des opérations et la mobilité décarbonée.
Associer les bons indicateurs aux thématiques retenues
À chaque thématique sont associés un ou plusieurs indicateurs permettant de mesurer la performance extra-financière de l’entreprise souscrivant le crédit. Le dispositif a été revu par Vigeo Eiris, un leader mondial dans le domaine des évaluations, des données, de la recherche, des benchmarks et des analyses ESG.
Pour chaque prêt à impact, l’entreprise choisit une thématique et l’indicateur sur lequel elle souhaite se positionner. Chaque année, et pendant toute la durée de vie du prêt à impact, si l’objectif fixé est atteint ou dépassé, l’entreprise bénéficie d’une bonification du taux reversée par la banque. Si l’objectif n’est pas atteint, le taux contractuel est appliqué, sans aucune pénalité.
L’autre atout majeur de ce prêt est d’encourager les clients à reverser une partie ou la totalité de la bonification à une association en lien avec la thématique primée. Pour sceller leur engagement mutuel, le prêt fait l’objet d’une convention tripartite entre la Caisse d’Épargne, l’entreprise et l’association bénéficiaire. L’association soutenue pourra donc percevoir chaque année, si l’objectif est atteint, tout ou une partie de la bonification.
Par cette coopération, les actions des entreprises visant à réduire leur empreinte environnementale sont valorisées et leur engagement sociétal est soutenu puisque cela contribue de façon incitative aux développements de projets plus responsables.
Le premier prêt à impact a été signé, le 1er octobre 2020, par la Caisse d’Épargne Île-de-France auprès de la Régie Immobilière de la Ville de Paris, deuxième bailleur social parisien avec 60 700 logements situés principalement à Paris et en banlieue. En octobre 2021, un autre prêt à impact a été conclu auprès de la Régie immobilière de la Ville de Paris. D’un montant global de 50 millions d’euros, ces deux prêts serviront respectivement à financer les besoins de la RIVP et la réhabilitation énergétique des bâtiments avec un objectif de réduction la consommation énergétique de 40 % des logements livrés1. Une partie du montant de la bonification de ces prêts est reversée d’un commun accord à la Fondation Abbé Pierre dans un cas et à l’association Carton Plein dans l’autre.
À ce jour, ce sont près de 17 prêts à impact qui ont été octroyés à 14 entreprises et plus de 10 d’associations qui sont bénéficiaires de la bonification. La Caisse d’Épargne Ile-de-France souhaite désormais élargir cette offre à l’ensemble de ses clients, notamment les acteurs de l’Économie sociale et solidaire (santé, médico-social, protection sociale, insertion, enseignement, formation professionnelle, culture, etc.) et les entreprises.
Le prêt à impact Collectivité
En finançant le tout premier prêt à impact destiné aux collectivités locales, la banque francilienne a fait preuve d’innovation. La ville de Bobigny en a été le premier bénéficiaire. D’un montant de 4 millions d’euros, ce prêt à moyen-long terme est indexé à un objectif environnemental sur la mobilité décarbonée. La ville s’engage ainsi à verdir son parc automobile au rythme de 4 % par an.
En créant ce nouveau prêt à impact, la Caisse d’Épargne encourage les efforts des collectivités locales dans la prise en compte de critères extra-financiers plus ambitieux pour leurs activités. Elle a sélectionné sept thématiques sociales (attractivité du territoire, diversité en matière de ressources humaines, mixité sociale) ou environnementales (rénovation des bâtiments énergivores, mobilité décarbonée, lutte contre le changement climatique, protection de l’environnement) correspondant aux spécificités des collectivités locales. Là encore, à chaque thématique sont associés un ou plusieurs indicateurs permettant de mesurer la performance extra-financière réalisée.
Marqueur fort de la démarche RSE de la Caisse d’Épargne Île-de-France, ce dispositif cristallise l’ambition de la banque à favoriser l’inclusion sociale et la transition environnementale sur le territoire francilien.
Depuis le lancement de cette nouvelle offre, la banque a réalisé 250 millions d’euros de financement à impact environnemental et social.
Les petites entreprises
dans le viseur
Depuis quelques mois, les crédits à impact se multiplient au sein des grandes entreprises. Les banques comptent désormais sur le segment des ETI, voire des PME, pour développer cette offre. Au premier semestre 2021, les crédits à impact représentaient en Europe près de 140 milliards de dollars, contre 18 seulement sur la même période en 2018.
Selon un sondage réalisé en septembre dernier par Redbridge auprès d’une trentaine de grands groupes et ETI, 35 % des entreprises interrogées avaient levé un financement durable. Les prêts à impact représentaient dans ce lot plus de la moitié (62 %) des financements durables mis en place en Europe.