La Sécurité des moyens de paiement en chiffres

Pour un tiers des fraudes, il y a manipulation

Créé le

09.09.2025

-

Mis à jour le

03.10.2025

L’innovation favorise de nouveaux usages des moyens de paiement et
des modes opératoires des fraudeurs. Pour autant, selon le rapport 2024
de l’Observatoire de la sécurité
des moyens de paiement, la sécurité
des transactions se renforce.

Les moyens de paiement scripturaux montent inexorablement en puissance, en montants comme en nombre d’opérations. Ils atteignent aujourd’hui 89 % des montants échangés, à hauteur de 34 864 milliards d’euros. Si les virements demeurent les opérations privilégiées en cas de transactions sur des gros montants, la carte, avec 65,1 % des opérations, confirme sa place de moyen de paiement préféré des Français. Innovation oblige, les virements instantanés et le paiement par mobile enregistrent un développement remarquable. La progression est de 46,5 % pour le SEPA instantané et de 53,6 % pour le paiement sans contact par mobile. En 2024, ils représentent respectivement 10 % des virements émis et 15 % des paiements par carte aux points de vente. Sans surprise, l’usage du chèque a poursuivi sa lente décrue. Il ne concerne en 2024 plus que 2,8 % des opérations. Parallèlement, la fraude l’accompagnant a atteint un point bas, au « niveau le plus faible depuis la création de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP) », a précisé son secrétaire général, Julien Lasalle. Le chiffre : 69 euros de fraude pour 100 000 euros échangés.

Plus de fraudes,
mais de moindre montant

A contrario, la progression des montants échangés via des moyens de paiement scripturaux ne s’accompagne cependant pas systématiquement d’une progression proportionnelle de la fraude. Lors de la présentation de son rapport annuel, l’OSMP a souligné cette absence de corrélation stricte : en dépit du « développement structurel » des moyens de paiement scripturaux, et des montants échangés, le montant de la fraude reste stable, à 1,2 milliard d’euros. Le nombre total d’opérations frauduleuses, en revanche, est en augmentation de 9,3%: on en compte 7,8 millions en 2024.

Les moyens de paiement à distance sont les premiers concernés. En termes de montant, le paiement par carte sur Internet et les virements présentent la plus importante vulnérabilité à la fraude, comptant respectivement pour 32 % et 30 %. Le nombre d’opérations frauduleuses par virement est cependant sans commune mesure avec celui des opérations frauduleuses par carte sur Internet. Elles pèsent 79 % du total avec de faibles montants unitaires.

Le montant de fraude par carte sur Internet s’établit à 155euros pour 100 000 euros échangés. Elle est en baisse par rapport à 2023 et ne concerne désormais que les paiements validés sans authentification forte, majoritairement à destination de l’étranger. Les opérations dites « MOTO », « Mail Order, Telephone Order », ou commande par courrier ou par téléphone, sont également vulnérables à un usage frauduleux.

La « fraude par manipulation », ou à l’ingénierie sociale, au « faux conseiller bancaire » comme au « faux service antifraude », apparaît comme un moyen de contourner des obstacles techniques de plus en plus efficaces et de tromper des clients mieux informés. Elle représente aujourd’hui 32 % du montant annuel des paiements frauduleux.

Contourner les obstacles techniques

L’OSMP s’est déclaré satisfait des avancées sur ce sujet, soulignant l’engagement des établissements dans la prévention de ces fraudes, par exemple via une information du client sur les « bons réflexes à adopter », dans le traitement des contestations, pour lequel des « exigences excessives de formalisme » ont été abandonnées, ou encore de l’évolution des parcours clients, avec des ruptures supplémentaires permettant aux clients comme aux prestataires de services de paiement (PSP) de s’assurer de la validité d’une autorisation de paiement. En octobre, la vérification de la concordance de l’identité des bénéficiaires de virements avec l’identité des titulaires de compte sera mise en place. L’OSMP en attend une plus grande sécurisation des opérations.

Plus largement, l’Observatoire prévoit également de renforcer sa collaboration avec les plateformes Internet et les réseaux sociaux afin de créer de nouveaux outils pour prévenir les agissements frauduleux.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº908