En matière de paiements, l’Europe joue la carte de l’instantanéité. L’atout pour les commerçants ? S’assurer de bien être payé. Pour les entreprises ? Optimiser les flux de trésorerie. Sans oublier l’intérêt en matière d’inclusion financière. Pour les particuliers, l’outil phare est le virement instantané. Un instrument récent au fort développement. Selon l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiements, 364 millions de transactions ont été faites par ce canal en 2023, un chiffre en hausse de 84 millions par rapport à l’année précédente. Dynamique forte, mais part de marché encore restreinte : 1,1 %, contre 61 % pour la carte bancaire.
Longtemps, une partie des banques de la place a facturé un euro la réalisation de tels virements. Depuis le 9 janvier, ce n’est plus possible, en raison du règlement UE 2024/886. Son article 5ter prévoit en effet l’impossibilité de facturer, pour les virements instantanés, des frais supérieurs aux autres virements. Les virements classiques étant gratuits, les virements instantanés le deviennent, de fait ! De quoi, a priori, assurer son développement dans les banques, souvent en dur, qui le facturaient encore.
La réalisation d’une opération en moins de dix secondes interroge évidemment sur les sujets de fraude. Son augmentation de 36 % en 2023 est bien inférieure aux 46 % de progression de son utilisation en montant. Mathématiquement, le taux de fraude diminue donc. Avec 0,040 %, il est à date nettement inférieur à celui de la carte (0,0526 %).