Bilan 2024

Les chiffres clefs de la Banque de France

Créé le

18.06.2025

-

Mis à jour le

23.06.2025

Le gouverneur se félicite du niveau de l’inflation. Et s’inquiète sur l’intermédiation financière non bancaire.

« La bataille contre l’inflation est quasiment gagnée. » Le ton est donné. Dans l’avant-propos des chiffres clefs du rapport annuel de la Banque de France, son gouverneur, François Villeroy de Galhau, annonce l’une des plus grandes réussites de 2024 : le reflux de l’inflation en France de 3 % à 1,7 %. Donc sous la cible des 2 %, avec de surcroît un peu d’avance sur le calendrier. Fixé pour 2025, l’objectif a été atteint dès la fin 2024.

Économiquement, l’année a été marquée par des baisses de taux progressives de la Banque centrale européenne (BCE). Au total, 100 points de base sur la période. Ce contexte a d’ailleurs créé un environnement plus favorable à la stabilité du système financier français, aux yeux d’une Banque de France restée vigilante face aux risques cycliques et structurels persistants. Par ailleurs, la solidité du secteur bancaire demeure un rempart essentiel contre les incertitudes mondiales. Sur ce point, les six principaux groupes bancaires français affichent un ratio CET1 solide à 15,4 % à fin 2024, même s’il est en léger recul par rapport à 2023 (15,9 %). En revanche, le poids des banques hexagonales est en légère progression, représentant 35,1 % du bilan total des banques de la zone euro, contre 34,7 % en 2023.

L’indicateur climat
progressivement déployé

Première des banques centrales du G20 sur le climat, l’autorité monétaire a renforcé son action avec le déploiement progressif de son indicateur climat dans trois secteurs (production d’électricité, transports et foncières), en couvrant 2 000 entreprises en 2024. Elle vise 5 000 entreprises d’ici 2027. En charge de coordonner la stratégie nationale d’éducation économique, budgétaire et financière (EDUCFI), son action a permis de sensibiliser plus de 130 000 personnes à la gestion d’un budget, l’apprentissage des outils bancaires ou à la compréhension des notions économiques. La Cité de l’Économie, portée par la Banque de France, a, elle, franchi les 101 487 visiteurs, soit +10 % en un an.

Dans une économie plus numérisée, la banque centrale a redoublé d’attention sur les risques émergents, notamment cyber. Elle a ainsi participé à un exercice de coordination transfrontalière dans le secteur financier, organisé par le groupe cybersécurité du G7 et achevé en avril 2024. En matière de finance numérique, la Banque a poursuivi ses expérimentations sur l’euro numérique, renforcé son action sur la finance tokenisée via une solution innovante retenue par l’Eurosystème et exploré l’usage de l’IA. Des chantiers qui dessinent les contours de la finance de demain. Enfin, l’institution plaide pour un cadre macroprudentiel adapté à l’essor de l’intermédiation financière non bancaire, dont l’impact potentiel sur l’économie reste sous surveillance.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº906