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Ce n’est pas vraiment une surprise. La Banque de France revoit à nouveau à la baisse les projections de croissance économique française pour 2025. Après une première estimation de 0,9 %, puis de 0,7 % en mars, l’institution projette désormais une progression de 0,6 % du produit intérieur brut (PIB) en moyenne annuelle.
La croissance du premier trimestre 2025 est évaluée à 0,1 %, avec « un rebond dans le secteur de l’industrie manufacturière et une hausse plus modérée dans les services marchands et non marchands. L’activité s’est repliée dans le secteur de l’énergie et de la construction ». Le deuxième trimestre est attendu avec une progression similaire.
Portée par la consommation des ménages
Le mois de mai a été difficile, notamment dans l’industrie, à cause des très nombreux jours fériés, mais les projections dans ce secteur pour le mois de juin sont plus optimistes.
Autre élément à souligner, le « solde d’opinion sur la situation des carnets de commande » fait ressortir une amélioration dans le bâtiment, en particulier dans le gros œuvre. Il n’a pas retrouvé les niveaux de 2022, mais le point bas de 2024 semble dépassé, sans doute un effet de la politique monétaire moins restrictive.
L’activité tous secteurs confondus devrait reprendre quelque peu en 2026, mais de manière assez poussive, pour atteindre 1 %, puis 1,2 % en 2027. Cette reprise serait principalement portée par la consommation des ménages.
L’inflation semble un problème du passé. Elle est attendue inférieure à 2 % jusqu’à 2027. Ce ralentissement doit cependant beaucoup au recul des prix de l’énergie et au raffermissement de l’euro. Les prix alimentaires conservent une dynamique haussière.
Des pertes durables de productivité
Un élément positif concerne le marché du travail. L’emploi devrait se replier jusqu’en 2026, mais moins qu’initialement prévu. La Banque de France anticipe un taux de chômage stable au premier trimestre 2025, à 7,4 %, inférieur aux projections de mars. Précisons cependant que cette relative résilience est en partie due à des pertes de productivité plus durables que prévu.
Reste l’impact des incertitudes. Les politiques commerciales, et en particulier américaine, demeurent centrales dans ces projections. La hausse des droits de douane et l’incertitude économique associée représenteraient une perte cumulée de 0,4 point de PIB pour l’économie française d’ici à 2027, dont 0,3 point imputable à l’incertitude, facteur prépondérant par rapport aux prix effectivement pratiqués.
L’incertitude, premier facteur de perte de croissance
Source : Banque de France