L’inflation propulse les taux longs américains à des sommets

Créé le

21.05.2026

-

Mis à jour le

22.05.2026

Sous l’effet d’une inflation persistante et d’un pétrole en forte hausse lié aux tensions au Moyen-Orient, et des doutes sur l’indépendance de la Fed, suite à la nomination de Kevin Warsh poussée par Donald Trump, les taux américains s’emballent.

Nouveaux records sur la dette américaine. À environ 31 000 milliards de dollars, son montant dépasse désormais celui du PIB aux États-Unis, une première depuis 1945 ! Par ailleurs, les taux à laquelle l’État peut emprunter sur les marchés se sont envolés. Entre le 11 et le 21 mai, les taux à 10 ans sont passés de 4,40 % à 4,65 % et ceux à 30 ans ont franchi les 5,19 %, un record depuis 2007.

En cause, une inflation publiée à 3,8 % en avril (3,6 % en sous-jacent), loin de la cible de 2 %. Dès lors, les anticipations à un an avoisinent 4 %. Cette pression est amplifiée par des prix du brent élevés, entre 105 et 111 dollars. Ce mouvement des taux de marché équivaut à un durcissement monétaire implicite d’environ 25 points de base (pb). Si le marché voit les Fed funds stables en 2026 à 3,50%-3,75%, il anticipe désormais, avec une probabilité de 60%, une hausse de 25 à 50 pb dès mars 2027. Le comble pour le président américain : ses appels à la baisse des taux se heurtent à des conditions de marché qui imposent une trajectoire inverse.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº917