Articles en relation
Le budget hexagonal est adopté, les finances publiques françaises n’en sont pas pour autant sorties d’affaire. Les agences de notation Standard and Poor’s (S&P) et Fitch Ratings ont délivré, respectivement le 28 février et le 14 mars, leur verdict post-adoption du projet de loi de finances 2025. La note française est maintenue à « AA- ». Les deux agences y adjoignent une perspective dégradée. Pour Fitch, c’est le maintien de sa perspective précédente. Une sorte de répit accordé à l’État français. Pour Standard and Poor’s, c’est en revanche un obscurcissement de l’horizon. L’état des finances publiques et les projections macro-économiques en berne figurent au premier rang des facteurs de cette dégradation.
Les deux agences s’accordent pour dire que la consolidation budgétaire est moindre que celle projetée par la première proposition de budget, finalement rejetée. Le caractère temporaire des mesures fiscales retient également leur attention. En outre, le Parlement reste sans consensus sur ces questions. Fitch évoque à ce sujet la « fragmentation politique » française. L’agence anticipe que l’objectif de réduction du déficit ne sera pas atteint, compte tenu de sa prévision de croissance plus faible pour 2025, de +0,6 % du produit intérieur brut (PIB). Au passage, ce chiffre est en deçà de celui projeté par la Banque de France en mars 2025, à +0,7 % (voir encadré).
Grosse pression sur le projet de loi de finances 2026
Certes, la France échappe à une dégradation pure et simple de sa note. Grâce à une « économie large et diversifiée, des institutions solides et efficaces, ainsi qu’un bilan de stabilité macro-financière », selon les termes employés par Fitch, elle compte toujours parmi les États souverains les mieux notés. Son importance dans l’échiquier des émetteurs européens ainsi qu’« un accès à des marchés de capitaux profonds et liquides » ont joué en sa faveur. Fitch pose cependant des conditions précises qui pourraient conduire à une dépréciation future de la note souveraine française : « l’incapacité de mettre en œuvre un plan crédible de consolidation fiscale à moyen terme » ou encore des « perspectives de croissance économique sensiblement plus faibles et une compétitivité affaiblie ». Ce maintien s’accompagne donc d’une quasi-mise en garde, à l’instar des recommandations de Standard and Poor’s en février. « Nous pourrions abaisser les notations de la France si le gouvernement ne parvient pas à réduire davantage ses importants déficits budgétaires au cours des deux prochaines années, ou si la croissance économique tombe en dessous de nos prévisions pendant une période prolongée », soulignait-elle. Prochain épisode attendu : la notation de Moody’s le 11 avril. Au dernier trimestre 2024, elle avait été abaissée à « Aa3 ».