Chut, il ne faut pas le dire trop fort, mais l'Union bancaire constitue un véritable saut fédéral. L'expression elle-même effraie certains Européens, car elle implique pour les États un abandon de souveraineté. C'est pourtant bien ce qui a été décidé dans le domaine bancaire, en particulier dans la sphère de la supervision : à partir de novembre prochain, la Banque Centrale Européenne sera responsable de la surveillance des banques de la zone euro, en lieu et place des superviseurs nationaux. Le volet Résolution est plus ambigu, les États ayant tenu à conserver un certain droit de regard quand il s'agit de régler le sort d'un établissement en difficulté. Il n'en demeure pas moins que la zone euro a opéré un véritable « changement de logiciel », pour reprendre l'expression de Bertrand Dumont, membre du Cabinet de Michel Barnier à la Commission européenne (voir son interview).
Il s'agit désormais de mettre en œuvre les textes adoptés, notamment la
Pour les investisseurs, le bail-in change totalement la donne, mais ils accueillent favorablement l'Union bancaire (voir l'article de Julien de Saussure, gérant obligataire chez Edmond de Rothschild AM) et souhaitent même son renforcement. Ce dernier pourrait passer par la mutualisation de la garantie des dépôts, qui est essentielle, comme l'explique Gilles Moec (lire son article).
Au-delà de l'Union bancaire, la zone euro pourrait aller très loin, vers une communauté politique, comme le clame le groupe Eiffel en France. Cela se traduirait par une convergence fiscale et sociale, par l'élection d'un exécutif qu'une assemblée parlementaire pourrait contrôler, etc. Outre-Rhin, le groupe Glienicker soutient des thèses très proches (voir l'interview de Guntram Wolff, président du think tank Bruegel). Autre initiative similaire : le Manifeste pour une union politique de l'euro, signé notamment par les économistes Daniel Cohen et Thomas Piketty.
Mais attention, la Cour constitutionnelle de