L'innovation est un moteur de développement

Créé le

20.06.2013

-

Mis à jour le

26.06.2013

L'innovation est l'exécution de nouvelles combinaisons. Ce concept englobe les cinq cas suivants : la fabrication d'un bien nouveau, l'introduction d'une méthode de production nouvelle, l'ouverture d'un débouché nouveau ; la conquête d'une source nouvelle de matières premières ou de produits semi-ouvrés ; la réalisation d'une nouvelle organisation.

D'après Joseph Schumpeter (1883-1950), Théorie de l'évolution économique

Aujourd’hui plus qu’hier, les banques doivent innover : la mondialisation, les avancées technologiques de même que des évolutions réglementaires visant à assurer une saine concurrence ont ouvert bon nombre d’activités bancaires à de nouveaux intervenants. Face à cette concurrence élargie, qui chamboule souvent sans état d’âme les processus bancaires – comme le montre la dislocation de la chaîne des paiements, autrefois monopole bancaire –, les banques doivent faire preuve d’imagination pour maintenir leur position ou en gagner de nouvelles. Ainsi, constate Philippe Desmaret (EFMA), « elles font de l’innovation l’une de leurs priorités stratégiques, s’organisent en conséquence et consentent les budgets adéquats » .

Innover ou « faire du buzz » ?

Encore faut-il s’entendre sur la définition donnée au terme d’innovation : jusqu’où va l’approche marketing destinée à « faire du buzz » ? où commence la véritable innovation, c’est-à-dire un nouveau produit ou service créateur de valeur ? Comme le montre l’analyse de Jean-Luc Strauss (Altran), la réponse est loin d’être évidente.

Une fois l’innovation définie, comment les banques doivent-elles s’organiser pour dénicher et faire remonter les idées, puis industrialiser les processus ? Elles se sont pour la plupart dotées de départements dédiés, conçus comme des laboratoires ou des incubateurs qui devront définir et animer le processus qui transforme une idée en un business model rentable, explique Philippe Honoré (consultant). En outre, elles tentent de « diffuser une culture de l’innovation au sein de leur structure par des actions de sensibilisation du personnel, des sites Intranet dédiés, des concours d’idées, l’association des clients au travers des réseaux sociaux… ». Faut-il aller jusqu’à l’open innovation qui met à contribution la totalité de l’écosystème des banques : développeurs externes, clients, start-up, universités et grandes écoles, secteur public, acteurs issus d’autres industries, voire ses propres concurrents… ? La méthode permet de multiplier les expériences et d’élargir la veille, mais Thierry Dinard et Mélanie Ingouf (Inovenaltenor) montrent que cette démarche soulève des points sensibles liés à la sécurité des données et des infrastructures bancaires, lorsqu’elles sont ainsi ouvertes vers l’extérieur, ainsi qu’à la complexité accrue du dispositif.

Éviter les débordements

Enfin, dans la chaîne de l’innovation, reste à mesurer les risques. À cet égard, la crise des subprime a soulevé « de redoutables interrogations […] sur le rôle des innovations financières dans le transfert des risques », comme le notait Christian de Boissieu en 2008 dans l’introduction du rapport sur la crise des subprime publié par le Conseil d’analyse économique, dont il était alors le président délégué. Certes, la réglementation est une réponse pour éviter tout débordement, mais d’usage délicat : comme le rappelle Georges Pauget (Économie Finance et Stratégie), trop contraignante, elle peut inciter à contourner les barrières… pour concevoir de nouveaux produits innovants qui, une fois diffusés, montreront leurs défauts… qu'une réglementation nouvelle tentera de circonscrire. Pour éviter ce phénomène de balancier entre réglementation et innovation, l’équilibre réglementaire reste à trouver.

Intégrer une exigence de responsabilité à tous les stades de développement des nouveaux produits ou services est une autre solution : pour Xavier Pavie (ESSEC), « c’est à ce prix que l’innovation portera ses fruits à long terme… ».

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº762