L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et la Compagnie nationale des commissaires aux comptes (CNCC) ont publié, le 31 octobre 2014, un guide à l’intention des commissaires aux comptes qui interviennent dans des établissements soumis au contrôle de l’
Le guide des relations ACPR – commissaires aux comptes est composé de quatre parties traitant, successivement, des règles applicables en matière de nomination, renouvellement et démission d’un commissaire aux comptes d’un établissement assujetti, du cadre général des relations entre les commissaires aux comptes et l’ACPR, du devoir de signalement des commissaires aux comptes à l’ACPR et de certains sujets particuliers : inspection d’un commissaire aux comptes diligentée par le garde des Sceaux ou l’Autorité des marchés financiers (AMF) avec le concours du superviseur, saisine par l’ACPR de l’autorité disciplinaire ou du tribunal compétent en cas d’infraction ou de manquement d’un commissaire aux comptes aux dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, échanges entre le Haut Conseil du commissariat aux comptes (H3C) et l’ACPR.
La publication de ce guide, qui a vocation à être régulièrement mis à jour au rythme des changements législatifs et
Désignation, renouvellement ou démission d’un commissaire aux comptes
Dans le cadre de sa mission de surveillance prudentielle, l’ACPR doit s’assurer que les commissaires aux comptes des établissements assujettis présentent toutes les garanties d’expérience, de compétence et d’indépendance nécessaires pour l’accomplissement de leur mission. À cet effet, elle doit être saisie, pour avis, par les établissements concernés au plus tard deux mois avant la désignation ou le renouvellement d’un commissaire aux
L’ACPR rend son avis dans le délai de deux
En cas de démission du commissaire aux comptes, le guide rappelle que l’ACPR, qui doit en être tenue informée, peut lui demander des informations complémentaires et notamment si sa démission est motivée par des difficultés rencontrées dans l’exercice de sa mission ou par la survenance d’un événement de nature à compromettre le respect des règles applicables à la profession.
Les échanges entre l’ACPR et les commissaires aux comptes
Le guide consacre de longs développements aux échanges entre l’ACPR, la CNCC et les commissaires aux comptes. Pour mémoire, l’ACPR peut demander au commissaire aux comptes tout renseignement sur l’activité et la situation financière de l’établissement qu’il contrôle, ainsi que sur les diligences qu’il y a effectuées dans le cadre de sa
Si ces échanges relèvent généralement du contrôle sur pièces, les équipes en charge du contrôle sur place ont aussi la possibilité de prendre contact avec les commissaires aux comptes de l’établissement surveillé afin de recueillir tous renseignements ou avis en lien avec leur mission. À cet effet, le guide recommande aux contrôleurs sur place de suivre certaines pratiques :
- inviter l’établissement à informer ses commissaires aux comptes du contrôle sur place ;
- organiser des entretiens entre les contrôleurs et les commissaires aux comptes portant sur des questions comptables ou de contrôle interne durant le contrôle sur place ;
- en fin de mission, adresser une copie de la lettre de suite aux commissaires aux
comptes .[10]
Le devoir de signalement à l’ACPR
L’article L. 612-44, II, du Code monétaire et financier fait obligation aux commissaires aux comptes des établissements soumis au contrôle de l’ACPR de lui signaler, dans les meilleurs délais, les faits ou les décisions, dont ils ont eu connaissance dans l’exercice de leur mission, de nature à constituer une violation des dispositions législatives ou réglementaires et susceptibles d’avoir des effets significatifs sur la situation financière, la solvabilité, le résultat ou le patrimoine des établissements, à porter atteinte à la continuité d’exploitation de l’établissement ou à imposer l’émission d’une réserve ou d’un refus de certifier les comptes.
Comme le rappelle le guide, ces signalements ont pour objectif d’alerter l’ACPR sur des situations difficiles et de lui permettre, le cas échéant, de mener à bien ses missions de supervision et de résolution. À cette fin, les commissaires aux comptes sont déliés du secret professionnel à l’égard du superviseur et ne peuvent voir leur responsabilité engagée.
Le guide insiste plus particulièrement sur le devoir de signalement en cas de faits ou décisions de nature à constituer une violation des obligations législatives ou réglementaires et susceptibles d’avoir des effets significatifs. Il précise les démarches que le commissaire aux comptes doit accomplir et la manière dont il peut apprécier si les faits ou décisions sont susceptibles, dans un avenir proche d’avoir de tels effets. Ainsi, le commissaire aux comptes peut fixer un seuil quantitatif de signification tout en conservant la possibilité de procéder à un signalement, même lorsque l’estimation des incidences d’une situation est inférieure à ce seuil, selon son jugement professionnel. Le guide donne, par ailleurs, des exemples de situations pouvant donner lieu à signalement dès lors qu’elles sont susceptibles d’avoir un impact significatif sur la situation financière, la solvabilité, le résultat ou le patrimoine de l’établissement (non-respect des conditions de l’agrément ou de l’autorisation d’exercice des activités, non-respect des dispositions législatives ou réglementaires applicables, y compris en matière de contrôle interne, non-respect par une filiale de ces obligations lorsqu’il peut en résulter un effet significatif chez l’établissement contrôlé).