Depuis quand AXA s’intéresse-t-elle à l’utilisation du digital en assurance santé et pourquoi ?
Chez AXA en santé, nous avons depuis longtemps été en observation sur les apports que la technologie, terme que nous préférons à celui de digital, pouvait apporter en termes d’innovation médicale ou de services.
Sur le plan de l’innovation médicale, nous avons par exemple proposé, dès 2016, aux salariés de nos clients entreprises un objet connecté, le glucomètre FreeStyle d’Abbott, destiné aux diabétiques, qui sont contraints au quotidien de mesurer leur taux de glycémie. AXA France a été le premier assureur à prendre en charge ce nouvel instrument de mesure, avant que la Sécurité Sociale ne le rembourse à partir de juin 2017. Après le temps souvent long de mise sur le marché d’une innovation médicale, nous avons ainsi permis un accès plus rapide à celle-ci. Un autre exemple de même nature est le test de diagnostic prénatal non invasif (DPNI) pour les femmes enceintes.
La technologie permet des apports en matière de soins mais aussi de services, c’est le deuxième axe d’utilisation des objets connectés ou des outils de mise en relation.
Qu’en est-il des innovations en termes de services ?
Nous sommes partis du constat que la technologie est entrée dans les habitats (ordinateurs, tablettes…), mais aussi dans les sacs à main et les poches des vêtements (smartphones…) de nos assurés. Or le rôle d’un assureur est de protéger ses assurés d’un risque en santé, mais aussi de veiller à ce qu’ils soient accompagnés le mieux possible dans leur parcours de vie. De plus, les évolutions réglementaires encadrent de plus en plus les offres de santé, avec
En quoi consiste ce service ?
Nous avons commencé à réfléchir à des offres de téléconsultation médicale il y a cinq ans.
Nous avons pris en compte deux principaux critères dans l’évolution des comportements : la mobilité, puisque l’on se déplace plus qu’auparavant hors de chez soi, et le besoin d’accessibilité et d’immédiateté. Dans le cadre de notre offre santé, nous avons réfléchi à la manière de proposer l’accès à un médecin généraliste de façon rapide, à tout moment par téléphone, lorsque l’assuré n’est pas proche de son entourage médical habituel. Nous avons mis en place une offre auprès de nos salariés en 2014, puis de nos assurés en 2015, avec des médecins et infirmiers salariés de notre filiale AXA Assistance, qui offre des services d’assistance et de rapatriement ; ils ont donc l’habitude de faire des diagnostics à distance.
Sous quelle forme ce service de téléconsultation est-il proposé ?
Ce service de téléconsultation est adossé au contrat d’assurance en santé individuelle ou entreprise, il est inclus dans la prime d’assurance que paye l’assuré. Le service a d’abord été proposé par téléphone en 2015, puis en visioconférence en 2016, en accès immédiat. Nous nous apprêtons à proposer l’accès par Internet : l’assuré pourra prendre rendez-vous en ligne pour une téléconsultation.
Début 2018, nous avons lancé un quatrième mode d’accès : la cabine médicale connectée conçue par la société de services de télémédecine H4D, la Consult Station. C’est une cabine qui comporte une dizaine d’objets connectés qui permettent de mesurer la tension artérielle, la fréquence cardiaque, le poids, la taille… Elle s’utilise de deux manières : il est possible de faire un bilan en autonomie, à travers les objets connectés, mais aussi d’être accompagné par un médecin à distance pour obtenir les commentaires des mesures ou bien pour une téléconsultation médicale.
Comment est-il tarifé ?
La cabine est proposée à des entreprises clients d’AXA en assurance santé à l’attention de leurs salariés. Elle nécessite une certaine taille d’entreprise : elle est idéale pour une entreprise de 1 000 collaborateurs, mais est possible à partir de 500 collaborateurs. La cabine est déjà installée chez deux entreprises clientes d’AXA et d’autres doivent suivre. Pour mettre la cabine à disposition de leurs salariés, les entreprises payent un service supplémentaire, sous la forme d’un abonnement forfaitaire mensuel.
Quelles autres utilisations faites-vous des objets connectés en santé ?
Nous avons proposé une initiative au Portugal à travers un service de « télémonitoring » pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires qui doivent prendre des mesures fréquentes de leur tension, etc. Le Gouvernement portugais a pris en charge et équipé l’ensemble des citoyens concernés. Cette technologie de capture de mesure permet une surveillance à distance du patient par les équipes de médecins d’AXA Assistance qui sont alertés quand quelque chose ne va pas. Avec la technologie des objets connectés et les équipes médicales de surveillance, nous pouvons offrir de nouveaux services pour faciliter la vie des patients, mais aussi celle des médecins.
Pour revenir à votre première expérimentation, AXA a proposé dès 2014 le bracelet connecté Pulse en partenariat avec Nokia Health (ex-Withings) inclus dans une offre d’assurance santé…
Nous offrions un Pulse aux 1 000 premiers clients web et leur proposions de participer à un concours sur 1 mois. L’objectif était de cumuler le nombre de pas par mois et de recevoir un chèque cadeau d’une valeur de 50 euros pour des séances de médecine douce. Les données étaient collectées par Withings et notre partenaire nous indiquait le nom de la personne afin que nous puissions lui adresser le ou les chèque(s) cadeau.
Cette première expérience menée par AXA dans les objets connectés n’était pas dans le domaine médical. C’était au moment de l’apparition de nombreux objets connectés pour mesurer l’activité physique. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait un phénomène de mode autour de l’utilisation de ces objets. Aujourd’hui, nous considérons que l’objet connecté est un point de départ, mais qu’il faut proposer un service derrière qui facilite le quotidien de nos clients.
Les objets connectés permettent donc de prendre des mesures médicales et de donner des informations de prévention et de bien-être.
La part des offres et contrats qui utilisent les nouvelles technologies est-elle infime à ce jour par rapport à l’ensemble des offres classiques ? À quel point la technologie pourrait-elle transformer l’assurance santé à l’avenir ?
Les services que nous proposons sont inclus systématiquement dans nos offres santé, tant sur le marché individuel que collectif. Nous ne sommes pas partis sur une offre de services en option, car notre approche est de retenir des services qui présentent un réel intérêt et ont vocation à être utilisés.
Le digital peut rendre les offres plus personnalisées, individualisées… Y a-t-il un risque que la digitalisation et la personnalisation des offres et tarifs remette en cause le principe originel de la mutualisation en assurance ?
Je ne suis pas certaine que la personnalisation soit l’élément déterminant dans la décision d’adopter un service. À mon sens, c’est plus la simplicité du service et sa facilité d’accès qui sont recherchées, en complément de l’intérêt du service lui-même.