D’après la Banque Mondiale, l’Asie, et plus spécifiquement l’
Les vagues d’injection de capital, de transfert de savoir-faire et de délocalisations vers des pays à faibles coûts de main-d’œuvre ont permis au Japon, puis aux « dragons asiatiques » de progressivement développer leurs capacités excédentaires, de renforcer leur demande intérieure et de remonter les filières industrielles. La contagion régionale a joué un rôle essentiel qui s’est traduit par un défi du dépassement et l’accroissement du commerce intra-zone, avec l’organisation de chaînes de production. En Chine, les importations pour réexportation ont représenté 30 % des importations en 2011, tandis que les réexportations atteignaient 46 % des exportations. À l’instar des produits japonais ou coréens, dont la qualité inspire aujourd’hui confiance, les produits chinois tels ceux fabriqués par Huawei, Lenovo, ou les marques de luxe comme Shang Xia,
La montée en puissance de la finance asiatique
Par ailleurs, selon différents classements internationaux publiés en 2013, dans les dix premières places financières mondiales figurent :
- 4 places asiatiques (parmi Hong Kong, Singapour, Tokyo, Shanghai, Séoul) ;
- 3 places européennes (parmi Londres, Francfort, Paris, Zurich, Genève) ;
- 2 à 3 places américaines (parmi New York, Chicago, Boston, San Francisco) ;
- 0 à 1 place australienne (Sydney).
De plus, d’après le classement Fortune Global 500 qui liste les 500 plus importantes entreprises mondiales classées selon l'importance de leur chiffre d'affaires, la Chine ravit la seconde place au Japon (voir Encadré 1).
Enfin, le classement des capitalisations boursières des principales banques internationales au 31 mars 2014 indique :
- 4 banques américaines ;
- 4 banques chinoises ;
- 1 banque britannique (
HSBC , qui dispose d’un positionnement spécifique en Asie) ;[4] - 1 banque australienne.
Le rôle essentiel de la Chine dans la géopolitique asiatique
Depuis une dizaine d’années, la reconfiguration géopolitique de l’Asie au sens large est structurée autour de cinq axes majeurs :
- l’essor de la Chine (voir Encadré 2) ;
- l’essor de l’Inde ;
- l’affaiblissement des États-Unis ;
- les luttes d’influence régionales ;
- l’apparition de politiques opposées à la Chine.
Dans le même temps, la Chine a noué des accords avec l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), et a renforcé le rôle de cette dernière dans la région. Elle a aussi établi des négociations bilatérales avec plusieurs de ses membres, dont le Vietnam qui, historiquement, est l’un de ses principaux opposants. Enfin, les relations tendues entre la Chine et Taïwan sont en train de s’apaiser très lentement : le
Les pays asiatiques détiennent aujourd’hui près de la moitié des réserves de change mondiales. Les excédents commerciaux et la non-convertibilité du yuan ont favorisé l’accumulation des réserves de change par la
Le yuan a conforté sa place de septième devise de
Hong Kong est la principale plate-forme offshore pour le
Le marché, avec des modes de régulation de type capitaliste, privilégiant l’accumulation des moyens de production, constitue un espace centralisé, planifié, dominé par les acteurs les plus
La Chine saura-t-elle alors concilier sa force politique avec le renforcement progressif de la société civile ? La capacité du Parti Communiste chinois à planifier le développement peut constituer au final un atout, tant qu’il parviendra à s’adapter, à juguler voire à faire disparaître la corruption et à remplir son rôle premier, préserver l’ordre politique unitaire et l’harmonie de l’ordre civil intérieur.
Il a déjà lancé la création de villes nouvelles, développant les services avant l’arrivée des habitants : l’exode rural anticipé dans les deux prochaines décennies va concerner 400 millions de personnes. Il a en outre fixé sept secteurs stratégiques de croissance, dont plusieurs visent à rétablir l’équilibre avec la nature, protéger l’environnement et recourir à de nouvelles énergies.
Le chemin est encore long
Les valeurs confucéennes, qui privilégient l’harmonie au sein du groupe, sont souvent mises en avant pour expliquer l’ascension économique du Japon, des « dragons asiatiques » et finalement de la Chine.
Dans le monde qui s’ouvre devant nous, la Chine parviendra-t-elle à constituer une des voies vers la modernité ? Le chemin est encore long pour concilier Mo Yan, prix nobel de littérature 2012, célébré par les autorités, et Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix 2010, jeté par les mêmes autorités en prison.