Finance durable

Finance responsable : où en sont les banques ?

Créé le

26.04.2021

Dans une étude publiée le 8 avril dernier, Mazars a comparé les pratiques de durabilité d’un échantillon de 37 banques établies en Afrique, en Amérique (Nord et Sud), en Asie-Pacifique et en Europe, à partir de l’analyse de leurs documents de référence 2019/2020 et des informations disponibles publiquement, en établissant un parallèle avec les réglementations existantes.

Le nombre de banques ayant obtenu un score positif dans chacun des 5 domaines d’évaluation (culture et gouvernance, stratégie, gestion des risques, reportings et disclosures, services et produits) témoigne de l’avance des pratiques en France et au Royaume-Uni (voir Graphique).

74 % des banques ont aujourd’hui mis en œuvre des mesures favorisant une culture de durabilité et ont adapté leur structure de gouvernance, contre 49 % l’an dernier. 51 % d’entre elles pilotent la méthodologie Paris Agreement Capital Transition Assessment (PACTA) pour aligner leurs portefeuilles financiers sur les objectifs des Accords de Paris. En revanche, elles ne sont que 22 % à fournir des données quantitatives sur la matérialité des risques climatiques et 11 % à divulguer des informations relatives à leurs activités de financement. Et si 78 % des banques ont développé une offre d'obligations vertes, seules 32 % proposent des produits verts destinés aux particuliers.

Les bonnes performances concernant la culture, la stratégie et le développement de produits et services responsables montrent que le sujet ESG n’est plus l’apanage des directions RSE et glisse vers la direction générale : il s’agit aujourd’hui de le diffuser dans la gouvernance, jusqu’à aligner la rémunération des dirigeants avec les engagements pris, comme cela se pratique déjà au Royaume-Uni en application du règlement « Sustainable Finance Disclosure Reporting » (SFDR).

Dans les autres domaines de gestion du risque et de reporting, c’est la construction du cadre réglementaire encore en cours qui va permettre aux banques d’avancer : elles ont besoin de disposer de règles précises et de métriques uniformisées. Une première accélération interviendra cependant dès 2022, avec l’entrée en vigueur en 2021 des règlements Taxonomie et SFDR. S’agissant de la mesure du risque, les régulateurs travaillent à une méthode harmonisée pour inclure le risque climatique dans les frameworks des risques existants (avec la publication du guide de la BCE en novembre dernier suivi du « self assessment » demandé aux banques sur leurs risques liés au climat) ainsi qu’à la mise en œuvre des stress-tests climatiques.

Pour autant, les experts de Mazars estiment que les banques ne doivent pas attendre que la réglementation soit finalisée pour avancer. Elles doivent accepter de fonctionner sur les premiers documents et recommandations délivrés par les régulateurs et superviseurs, quitte à adapter les dispositifs ultérieurement : il y a urgence à se mettre en ordre de marche !

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Revue Banque Nº856