En Europe centrale et de l’Est (ECE), l’encours de crédit à la consommation avoisine 15 % du PIB comme en Roumanie et en Bulgarie, contre 9 % en Allemagne ou en Espagne. On observe également que le montant moyen des crédits est sensiblement moins élevé en Europe centrale et de l’Est. Dans la plupart des pays d’ECE, ils sont compris entre 500 et 1 500 € alors qu’ils sont supérieurs à 1 500 € dans tous les pays d’Europe de l’Ouest. Même si chaque pays a commencé une profonde mutation de sa structure économique, perceptible notamment dans l’évolution sensible des niveaux de vie, ceux-ci restent différents de ceux des pays d’Europe de l'Ouest.
Dans ces pays, le processus de convergence est également en œuvre sur les comportements de consommation. Ainsi, chez BNP Paribas Personal Finance, nous croyons en une vision durable et responsable de notre métier, et ce, dans tous les pays où nous sommes implantés. Notre objectif est de favoriser l’accès au crédit au plus grand nombre tout en préservant l’avenir de nos clients. C’est en France que BNP Paribas Personal Finance a pris très vite conscience de la nécessité d’orienter le business model vers une plus grande écoute et connaissance des besoins des clients et de leurs éventuels changements de situation. Proposer des produits davantage adaptés à leurs attentes, cela se traduit par des montants et des niveaux de remboursements réalistes, accompagnés par un service irréprochable. En clair, la relation client doit prendre davantage encore le pas sur la transaction. C’est en 2004 que l’entreprise s'est clairement positionnée pour un crédit responsable®, initialement en France, puis progressivement dans d’autres pays, en communiquant d’abord sur sa capacité à refuser un crédit dans l’intérêt du client.
Impacts de la crise : chute de la consommation des ménages...
Avant 2007, le marché du crédit à la consommation en ECE connaissait de forts taux de croissance et des niveaux de production élevés. L’aspiration des particuliers à améliorer leurs standards de vie et la volonté des établissements financiers de prêter étaient soutenus par le développement rapide et important des principaux indicateurs macroéconomiques de la région. Les taux de croissance en volume élevés – principalement dans les pays dont le développement économique était rapide, comme la Russie ou la Roumanie – étaient liés à la croissance soutenue des salaires et par la richesse additionnelle générée par la hausse des prix de l’immobilier, ce qui rendait le crédit plus accessible.
Pourtant, certains marchés étaient déjà proches de leurs limites, comme en Hongrie. La croissance du taux d’endettement a été extrêmement rapide et a atteint, voire dépassé, les niveaux constatés en Europe de l’Ouest.
La région a été sensiblement secouée par la crise financière dont les effets se feront encore sentir fin 2010, voire 2011. La consommation des ménages a chuté sous les effets combinés de la hausse généralisée du chômage et de la restriction de l’offre des établissements prêteurs, contraints à une plus grande prudence pour limiter la montée du risque. Parmi les exemples les plus frappants, la Slovaquie affiche un taux de chômage 14 % contre 10 % avant la crise ; la Bulgarie montre un taux de chômage de 9 % contre 6 % avant la crise.
Dans un environnement qui n’est pas encore stabilisé, l’engagement de BNP Paribas Personal Finance pour une communication claire, des produits plus adaptés, une plus grande transparence a pour but de toujours mieux sécuriser les emprunteurs.
... et des tensions sur le marché de la liquidité
Autres conséquences directes de la crise financière sur l’activité des établissements de crédit en ECE, ce sont les tensions sur le marché de la liquidité, dues à sa raréfaction et à la hausse du risque. Nombreux ont été les professionnels du crédit à resserrer leurs critères d’octroi pour une meilleure gestion du risque : deux fois moins de crédits ont été proposés en 2009 par rapport à 2008 (voir le graphique 2).
Concrètement, dans les résultats financiers des établissements de crédit aux particuliers, la crise financière s’est traduite par une forte hausse du coût du risque en 2009. Les NPL (non performing loans) ont doublé voire triplé dans certains pays. Cela a été le cas en Bulgarie (voir le tableau) dont la part des encours non performants a plus que doublé en 2009 atteignant 9,6 % contre 3,8 % en 2007. La Hongrie s’inscrit dans la même tendance avec une évolution passant sur la même période de 2,9 % à 9,2 %.
À moyen terme, la crise financière devrait entraîner une modification du paysage concurrentiel en ECE. Les petits acteurs, en dessous d’une taille critique suffisante pour absorber la hausse des coûts de refinancement et pour miser sur des économies d’échelles dans la restructuration de leurs opérations, devront réfléchir à l’opportunité de se retirer de la région. À l’inverse, les plus gros acteurs auront l’occasion d’entrer sur des marchés ou des segments de marché laissés vacants par les acteurs les plus faibles, et ce, au travers du lancement de nouveaux produits ou services ou via des opérations de rapprochement ou d’absorption.
Des impacts durables
La crise financière aura également d’autres impacts, beaucoup plus durables. Tout d’abord, l’image des banques et des établissements financiers ressort dégradée : responsabilité dans la crise des subprime, spéculation, profits et bonus. D’où une méfiance grandissante de la part des clients et de possibles changements de comportement. Ensuite, la gestion des risques et de la liquidité seradurablement plus prudente.
Enfin, les banques et les établissements financiers devront s’adapter aux changements réglementaires post-crise. Certains sont positifs comme les nombreuses mesures de soutien à la consommation ou les primes à la casse. Mais d’autres mesures représentent de véritables défis et nécessiteront l’adaptation partielle des business models : lois contre l’endettement des ménages, Bâle III, nouvelle directive européenne sur le crédit à la consommation, taxation des banques, etc.
Organisation : une présence sur 7 pays
BNP Paribas Personal Finance regroupe les activités de crédit à la consommation et de crédit immobilier sur sept pays de l’ECE : République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Roumanie, Bulgarie, Russie et Ukraine. Filiale de BNP Paribas, l’entreprise est n°1 européen du crédit aux particuliers.
La structure de l’implantation de BNP Paribas Personal Finance varie d’un pays à l’autre en fonction des contraintes juridiques et de marché. L’activité peut être logée au sein d’un établissement financier, comme en République tchèque ou en Slovaquie, ou au sein d’une banque, comme en Hongrie. En Russie et en Ukraine, l’activité prend la forme d’une business unit logée au sein de la banque BNP Paribas locale. Ce type de structure permet de bénéficier de synergies avec le groupe BNP Paribas, notamment, en termes d’accès à la liquidité en devises.