Pour Aurélie Tristant, l'évocation de son itinéraire professionnel commence avec une mise au point : elle a toujours cherché à préserver un équilibre entre ses aspirations personnelles et son investissement professionnel. De son histoire familiale, elle retient une solide stabilité affective, mais aussi des qualités qui lui servent au quotidien, comme une grande ouverture aux autres et surtout une vision de l’entreprise transmise par ses grands-parents, entrepreneurs à Rouen, et son père, ancien élève d'HEC.
Un parcours professionnel presque exclusivement bancaire
Admise à l’ESC Rouen en 1985, elle est d'emblée confrontée à la discipline de l'univers professionnel : le marketing des parfums chez Hermès, où elle découvre l’exigence de la qualité et du luxe, puis la rigueur de l’analyse financière chez Indosuez, dans le secteur bancaire qu’elle ne quittera plus. Son moteur : comprendre les mécanismes de marché et le fonctionnement des entreprises. Pour cela, elle s'attache à connaître l’histoire des entreprises et des entrepreneurs.
C’est ainsi qu’Aurélie Tristant rejoint, le 1er juillet 1988, à l'âge de 22 ans, la Banque Vernes et Commerciale de Paris, filiale française du groupe bancaire italien Sanpaolo IMI, en tant qu’analyste de crédit entreprises. Elle y apprend le cœur de métier de prêteur, s’attelant à monter, analyser et défendre les dossiers de crédit. Elle apprécie la réactivité possible dans une banque à taille humaine, car pour elle, « il faut décider vite et bien ». Un an plus tard, en 1989, elle quitte le siège pour le « réseau », en rejoignant la succursale de Parly 2 dont elle deviendra directeur adjoint en 1991, acquérant les techniques des opérations bancaires, de la prospection commerciale et abordant les responsabilités managériales.
Se scelle alors, sans qu’elle en soit encore consciente, sa fidélité à une entreprise qui a su lui donner les moyens d’étoffer son expertise : l'accès à une clientèle diversifiée et de qualité, un parcours rapide qui s'enrichit, en 1992, d’une expérience internationale chez Sanpaolo IMI New York où, pendant un an, elle s'attellera à poser les fondements d’un french desk en démarchant les filiales américaines des groupes français clients de Sanpaolo à Paris.
Une carrière rapide, équilibrée entre le réseau et les fonctions centrales
De retour en France, entre 1993 et 1995, en pleine période de crise économique, Aurélie Tristant est responsable des affaires spéciales, rattachées au directoire de la banque. Elle continue à approfondir son expérience au contact d’entreprises en difficultés, cherchant des solutions concrètes de consolidation et de restructuration de dettes. De ces années de solides exigences en matière de gestion des risques, elle conservera la conviction que la formation, le partage de bonnes pratiques et le dialogue sans concession avec les dirigeants constituent des outils efficaces permettant de parvenir à des solutions réalistes et pérennes pour les entreprises.
De 1995 à 2004, Aurélie Tristant retrouve le réseau commercial, dont elle dirige successivement quatre agences revêtant des caractéristiques différentes et complémentaires, au sein desquelles elle étend son action au marché des particuliers et à la gestion patrimoniale.
C’est donc au terme d’un parcours métier très diversifié qu’elle entre au Comité de Direction en novembre 2004, en prenant la tête de la succursale centrale de la banque. Elle est la première femme à y siéger, à la suite de quoi elle occupe plusieurs postes de directeur de région avant d’être nommée directeur du marketing en juin 2009. De ces années, elle retient « la priorité donnée à l’amélioration de la performance commerciale, notamment par l'accompagnement et la motivation des directeurs d’agences ».
Un parcours de réussite, dans un établissement qui connaît des mutations conformes à l'évolution du paysage bancaire
Depuis son entrée dans la banque en 1988, la Banque Vernes et Commerciale de Paris a connu des changements d’actionnaires accompagnés de mutations successives : devenu Sanpaolo en 1990, l'établissement a été racheté par le groupe Caisse d’Épargne à l’été 2003, avant d'adopter la dénomination de Banque Palatine en juin 2005. Aujourd’hui, la Banque Palatine est la banque des entreprises et du patrimoine du groupe BPCE. L’arrivée d’Aurélie Tristant à la direction du marketing s'inscrit dans la logique : son expérience du réseau, sa connaissance du marché et la vision entrepreneuriale qu’elle partage avec les chefs d’entreprise côtoyés au long de son parcours constituent de solides atouts pour une fonction qu’elle veut « très opérationnelle, proche du réseau commercial, et dédiée à la satisfaction-client ».
Dès sa prise de fonctions, sa première mission consiste à mettre en place une nouvelle organisation articulée autour de 4 axes : le département Études et Innovation, les deux directions de marché (particuliers et entreprises) et enfin Palatine Direct, agence de clients particuliers gérés à distance. L’une des nouveautés est la création au sein des deux grands marchés de clientèle de la banque, les particuliers et les entreprises, de l’animation des ventes. Cette équipe permet une présence accrue dans les agences afin de contribuer à une meilleure connaissance des produits et services par l’ensemble des commerciaux. « Il s’agit de favoriser les échanges entre le réseau et le marketing, notamment sur les sujets qui touchent à la tarification. Nous devons être en veille permanente, à l’écoute des spécificités des régions afin de rester dans le match sur nos marchés très concurrentiels. Dans cette perspective, disposer d’un observatoire interne des prix constitue un outil efficace pour préparer le comité tarification ».
Sa seconde mission, dès sa nomination, porte sur la préparation des leviers marketing du Plan d’action commerciale 2010, avec comme double objectif la conquête et la fidélisation des clients cœur de cible de la banque : pour les entreprises, celles dont le CA est supérieur à 15 millions d'euros et, pour les particuliers, la clientèle aisée disposant de 50 000 euros d’avoirs. L’accent est mis sur l’innovation, le renforcement de la communication produit directement auprès des clients, la mise en valeur des métiers d’expertise de la banque, et le lancement de la quatrième édition du Prix de l’ambition.
Transparence, ouverture aux autres, réactivité sont les maîtres mots du parcours professionnel d’Aurélie Tristant, qui conclut en disant « la performance commerciale et la relation-client ont été mes principaux moteurs au service du développement de la Banque Palatine ». Se pencher sur un tel itinéraire force à constater qu’une même entreprise peut nourrir l’expertise de ses cadres et, en retour, bénéficier de leur performance et gagner leur fidélité.
Quelques dates…
1985 : intègre l’ESC Rouen
1988 : rallie la Banque Vernes et Commerciale de Paris en tant qu’analyste crédit aux entreprises
1989 : rejoint le réseau, sous l’enseigne Verne, puis Sanpaolo
1992 : acquiert une expérience internationale au sein de la filiale new-yorkaise de Sanpaolo
1993 : devient responsable des affaires spéciales, rattachée au directoire
1995 : prend la direction successive de différentes agences
2004 : prend la tête d’une région
2009 : est nommée directrice marketing de la Banque Palatine, nom adopté par l’entité depuis 2005