La mission de formation de l’AFTI est essentielle parce que les étudiants représentent l’avenir des métiers du post-marché. Elle permet de stimuler l’échange d’idées entre le monde professionnel et le monde universitaire afin de promouvoir la filière du post-marché et ses métiers.
Le groupe de travail Formation de l’AFTI collabore étroitement avec six écoles et universités afin d’accompagner les nouvelles générations dans la connaissance du secteur du post-marché et la découverte de ses métiers. Ses membres sont des experts métier et des responsables Ressources Humaines. Ils apportent leur soutien et leurs connaissances en aidant à l’élaboration des programmes d’enseignement relatifs au post-marché, mais aussi en recherchant des professionnels pour dispenser certaines formations. Ils accompagnent également les étudiants dans le cadre des études proposées chaque année par l’AFTI. Toujours soucieux d’être au cœur des événements importants de la vie universitaire, ils participent activement aux différentes manifestations organisées tout au long de l’année (journées portes ouvertes, jurys d’admission, cérémonies de remise de diplômes…). Pour cela, le groupe Formation se réunit tout au long de l’année et organise une fois par an un séminaire dont l’objectif principal est de favoriser un échange plus large d’expériences.
Des attentes très fortes
Aujourd’hui, nous faisons face à une vraie révolution culturelle et technologique. Tout change extrêmement rapidement alors que nous parlions d’évolution lente mais certaine, il y a encore quelques années. Nous sommes en effet à une période charnière et il est très difficile de dire quels seront les métiers de demain dans la banque en général, et en particulier dans le post-marché. Néanmoins, il est important d’anticiper les grandes tendances afin de préparer au mieux les étudiants aux défis qui les attendent. Au-delà du questionnement sur l’avenir des métiers, l’adéquation avec les besoins des professionnels est également importante. Pour cela, il apparaît nécessaire de renforcer la collaboration entre le monde professionnel et le monde universitaire.
Les écoles et les universités attendent de l’AFTI qu’elle leur fasse remonter du terrain les attentes des professionnels pour leur permettre de faire évoluer leur enseignement (voir Encadré 1). L’AFTI s’emploie à répondre à cette attente partagée, notamment à travers son groupe Formation dont les membres reflètent, par leur diversité, les différents métiers du post-marché.
Loin des stéréotypes et des préjugés, le post-marché offre aujourd’hui des opportunités de carrière toutes aussi intéressantes et riches que les autres domaines de la finance. Lorsque nous regardons rétrospectivement les trente dernières années, nous pouvons constater que les choses ont énormément changé. Les systèmes ont évolué en raison des avancées technologiques qui ont démultiplié les capacités de traitement. Les établissements ont investi massivement pour automatiser les tâches manuelles et répétitives, tout en créant des emplois à forte concentration de savoir, mieux rémunérés et d’un avenir prometteur, notamment dans le domaine des nouvelles technologies mais aussi de la réglementation et de la conformité. La façon de travailler a également évolué.
Aujourd’hui, nous devons réfléchir aux leviers d’attractivité de nos métiers dans un contexte de compétition que se livrent les grandes places financières européennes et mondiales. Nous devons certes réfléchir aux moyens d’attirer de nouveaux talents mais aussi persuader ceux qui souhaitent acquérir une expérience à l’étranger de rejoindre les acteurs du post-marché de la Place française. En effet, ces derniers offrent à leurs collaborateurs des carrières riches et diversifiées en France comme à l’étranger.
Le séminaire AFTI Formation du 15 juin 2018
Encore une fois, le séminaire (voir Encadré 2) a donné lieu à des échanges très constructifs entre professionnels et universitaires, permettant de souligner l’importance des partenariats au travers des travaux qui sont menés conjointement entre l’AFTI et les universités.
Il a permis aussi à une université de présenter une initiative intéressante dans l’univers du post-marché, sous la forme d’un jeu.
L’après-midi a été consacré à la restitution des études réalisées par des groupes d’étudiants durant leur année universitaire ainsi qu’à la présentation des futures études proposées aux universités pour l’année à venir.
Back Office Security Simulator (BOSS) : un jeu pour s’initier au post-marché
Frédéric Jouneau (coresponsable master Management des opérations de marché, Université Lyon Lumière 2, laboratoire CNRS : GATE-LSE) a développé l'idée d'un jeu pour s'initier au post-marché. Celle-ci est venue du constat qu’il est toujours difficile pour des étudiants de revenir dans un monde académique à l’issue de leur période d’alternance dans les établissements, mais aussi de la nécessité de remettre en perspective les différentes fonctions et les différents métiers du post-marché. Conçu à l’origine pour les étudiants du master « Management des Opérations de Marché », ce jeu s’adresse à un public plus large qui souhaite se familiariser aux enjeux du post-marché. Ce jeu ne nécessite qu’une connaissance préalable minimale des métiers du post-marché. Son déroulement est conforme à la chaîne de traitement des opérations. Quelques simplifications ont bien sûr été apportées, concernant notamment la gestion du collatéral. D’autre part, certains éléments ont été entièrement programmés.
Le jeu se déroule sur une journée complète représentant un mois boursier. Au démarrage, les étudiants sont tirés au sort afin de former des équipes. Chaque équipe se voit attribuer la gestion d’une banque fictive, qui débute par une phase de recrutement de trois traders parmi vingt candidats. Chacun d’eux se voit ensuite attribuer un marché spécifique (actions, obligations et devises). Une deuxième phase simule un mois boursier de vingt jours, avec des opérations de début et de fin de journée à effectuer. Enfin, une troisième phase consiste à préparer un rapport de l’activité réalisée au cours du mois, en insistant sur les points forts et les points faibles. La présentation de ce rapport a lieu devant un « conseil des risques », composé de l’ensemble des autres étudiants. Ce sont ces derniers qui votent à l'issue du jeu. Bien que destiné à des groupes, ce jeu peut aussi se jouer individuellement, les différentes banques n’étant pas en concurrence directe.
Le jeu comporte des exercices de mise en situation qui permettent une approche concrète des différents métiers, tout en illustrant l’articulation entre le front, le middle et le back office. Il couvre la gestion de trésorerie, la gestion du collatéral, le reporting et le règlement/livraison ainsi que le recrutement, la présentation d’un résultat et la gestion des erreurs. La présentation du rapport est suivie d’un vote sur la qualité de celui-ci et d’un calcul automatique de points. Ce calcul de points est effectué à partir de la valeur MtM (Mark to Market) du portefeuille, mais aussi de l’évaluation de la satisfaction clients, des incidents de gestion de trésorerie et de gestion du collatéral et des erreurs de règlement/livraison. Par exemple, lorsque la trésorerie affectée à un trader est trop faible, celui-ci ne peut plus effectuer d’opérations générant un incident et entrainant une perte de clients. De même, la gestion manuelle de l’appariement des instructions de règlement/livraison dans un temps limité (15 minutes) peut être une source d’erreur.
De façon générale, les étudiants apprécient énormément ce jeu pour son aspect aussi instructif que ludique. Une version professionnelle est en cours de développement afin d’enrichir le scénario « central », en intégrant des questions pas ou peu abordées dans la version actuelle. Cette nouvelle version devrait pouvoir être utilisée plus largement dans le cadre, par exemple, du recrutement ou de la formation interne.
De nouveaux sujets d’études pour 2018-2019
L’AFTI propose chaque année des nouveaux sujets d’étude qui peuvent intéresser à la fois le monde universitaire et le monde professionnel. Parmi les sujets d’étude proposés figurent des sujets techniques et opérationnels, mais aussi des sujets plus généraux pouvant affecter les métiers du post-marché. Pour l’année 2018-2019, le groupe Formation a retenu deux sujets : « La réglementation UCITS en Europe » et « Les impacts des nouvelles technologies dans l’organisation des métiers du post-marché ».
La réglementation UCITS en Europe
Ce sujet d’étude, proposé par le groupe Dépositaire de l’AFTI, porte sur la déclinaison de la réglementation européenne UCITS
Les objectifs de cette étude sont de lister de façon exhaustive les ratios réglementaires applicables aux fonds UCITS, de mettre en exergue les différences de transposition ou de doctrine des régulateurs locaux ainsi que d’étudier les impacts de ces ratios sur la compétitivité des différents pays.
Les impacts des nouvelles technologies dans l’organisation des métiers du post-marché
Ce sujet, proposé par le groupe Formation de l’AFTI, porte sur l’influence des nouvelles technologies sur les métiers et les compétences du post-marché. Les objectifs de cette étude sont de retracer l’évolution des métiers du post-marché au cours des trente dernières années, au gré des nouvelles technologies, d’étudier comment les métiers du post-marché pourraient s’organiser grâce à l’innovation technologique ainsi que d’analyser l’influence des nouvelles technologies sur les cursus de formation proposés dans les universités dans le cadre de l’expertise post-marché.
Outre ces deux nouveaux sujets, il reste toujours un certain nombre de sujets qui n’ont pas encore été traités, comme « Le nominatif : instrument du passé ou instrument du futur ? », qui demeure un sujet d’actualité avec la mise en œuvre de la directive européenne révisée sur le droit des actionnaires.
Pour chaque étude, il est demandé aux étudiants de rédiger une synthèse de quelques pages reprenant la gouvernance du projet, la méthodologie retenue, les travaux réalisés, leurs conclusions ainsi que des éléments chiffrés. Il est également demandé à ces derniers de préparer un support pour la présentation orale qui est faite lors du séminaire AFTI Formation. C’est l’occasion pour eux de partager les connaissances et des compétences acquises lors de l’étude. Lors de cette présentation, les étudiants sont également invités à témoigner de leur expérience en mentionnant les points positifs et les points à améliorer.
Tout au long de l’étude, un comité de pilotage se réunit toutes les six à huit semaines afin de faire un point d’avancement, de décider des orientations à suivre, de trouver des solutions aux éventuelles difficultés rencontrées et de répondre aux questions soulevées. Ce comité de pilotage est composé d’un ou deux correspondants du groupe Formation, d’un représentant du groupe de travail sponsor, d’un ou deux enseignants en charge du suivi de l’étude et de deux ou trois étudiants délégués du groupe en charge de la réalisation de l’étude.
L’AFTI est contrainte de limiter à trois le nombre de sujets d’étude retenus chaque année pour assurer un accompagnement de qualité et favoriser la réussite des étudiants. Le groupe Formation a pris l’habitude de proposer des sujets d’étude, mais il est également ouvert à examiner toute proposition de sujet émanant des universités susceptibles d’intéresser les professionnels.
Les études réalisées en 2017-2018
Sur l'année universitaire 2017-2018, les sujets ont, comme sur l'année en cours, porté à la fois sur des questions de recherche fondamentale dans les métiers titres ainsi que sur les évolutions les plus récentes liées à la digitalisation et aux nouvelles technologies.
Estimer l’incertitude dans le calcul d’une valeur liquidative (Jason Carnot et Sébastien Couvet, Université de Cergy-Pontoise)
Il s’agit en réalité de la deuxième partie d’un sujet d’étude proposé par le groupe Administration de fonds de l’AFTI en juin 2016, qui porte sur la détermination des principaux facteurs et des évènements susceptibles de générer des incertitudes dans les différents modèles de calcul des valeurs liquidatives (VL), ainsi que sur l’estimation de l’amplitude de l’intervalle de confiance associé à ces valeurs liquidatives, et ce, pour chaque type de fonds ou de modèles de calcul.
L’étude s’est focalisée cette année sur le développement d’un modèle simplifié permettant de mesurer l’amplitude de l’intervalle de confiance associé à la valeur liquidative, en tenant compte de trois paramètres : la liquidité des actifs, le risque de change et l’évaluation des actifs en Mark-to-model.
Cette étude a été réalisée par des étudiants de l’Université de Cergy-Pontoise. Le sujet complexe de cette étude leur a permis « de développer des compétences en matière de recherche, d’analyse, de traitement et de synthèse de données », des données qui ne sont pas toujours facilement accessibles.
Les impacts du développement du financement participatif sur le post-marché (Joris Chazot, François Dublanchy, Maïté Forest, Méryl Maréchal, Marion Peyron et Axelle Szajnerman, IUT Lumière Lyon 2)
Ce sujet d’étude a été proposé par le groupe Innovations et nouvelles technologies de l’AFTI. En effet, le financement participatif, ou crowdfunding, est un mode de financement désintermédié, c’est-à-dire sans recourir au service d’un intermédiaire traditionnel. Ce mode de financement direct, via des plateformes de financement, s’est développé en grande partie grâce à l’essor d’Internet et des réseaux sociaux. Ce sujet d’étude pose donc la question des impacts du développement du financement participatif sur les activités du post-marché.
L’étude revient tout d’abord sur les différentes formes de financement participatif et ses acteurs avant de s’intéresser au cadre réglementaire applicable à ce mode de financement. Elle présente ensuite, à travers l’exemple du financement via une plateforme de crowdequity et de l’investissement via une banque traditionnelle, une analyse des impacts du financement participatif sur les activités du post-marché. Elle aborde enfin l’impact de celui-ci sur l’empreinte carbone.
Cette étude a été menée par des étudiants en licence professionnelle Gestion des Opérations de Marchés Financiers et de Réseau dispensée par l’IUT Lumière Lyon 2. Selon eux, ce projet tuteuré est « un élément majeur de leur cursus tant par l’ampleur du travail à fournir que par le sujet défini ».
Blockchain : mythe ou réalité (Paul Gautier, Romain Mobasher et Pierre Thibaud, IUP Banque Finance Assurance Caen Normandie)
Ce sujet d’étude a également été proposé par le groupe Innovations et nouvelles technologies de l’AFTI. La blockchain a été déployée dans de nombreux domaines. Cette nouvelle technologie suscite un intérêt grandissant parmi les acteurs de l’industrie financière en général et du post-marché en particulier. C’est pourquoi cette étude doit permettre de répondre à la question de savoir comment l’industrie du post-marché pourrait profiter du potentiel offert par cette nouvelle technologie.
L’étude dresse un panorama des différentes fonctionnalités connues de la technologie blockchain, avant de voir, à partir de deux cas pratiques (l’un portant sur le marché des titres non cotés et l’autre sur le marché des titres cotés) comment cette technologie pourrait s’appliquer aux métiers du post-marché. De nombreuses questions sont apparues lors de la rédaction de cette étude.
Celle-ci a été réalisée par des étudiants de l’IUP BFA de Caen en collaboration et avec le soutien de leurs encadrants qui leur ont permis d’approfondir certaines notions, en leur facilitant des rencontres avec les professionnels du secteur. Cette étude leur a permis « d’affirmer qu’il ne faut pas céder aux sirènes de la communication en cherchant à tout prix à appliquer cette technologie [blockchain] à tous les marchés uniquement parce que tout le monde en parle. Il faut chercher à l’appliquer là où elle entraînerait une réelle plus-value. »
Les études proposées par l’AFTI chaque année constituent un des éléments importants du parcours universitaire. Elles permettent aux enseignants de développer d’autres activités de recherche « en osmose » avec le monde professionnel. Les étudiants s’y consacrent pleinement et la restitution de leurs travaux constitue toujours un point fort du séminaire Formation.
Le séminaire a permis de confirmer le lien étroit qu’a noué depuis de nombreuses années l’AFTI avec le monde de l’éducation. Ce lien est indispensable afin de veiller aux synergies entre les qualifications professionnelles et les métiers.
Ce séminaire reste le point d’orgue des travaux menés tout au long de l’année par le groupe de travail Formation dans son rôle de vecteur de liaison de l’AFTI.