Le collatéral, précieuse matière première

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

Introduction

Le collatéral, précieuse matière première

Du marché monétaire à celui des dérivés OTC, un nombre croissant de contreparties, vivement encouragées par les régulateurs, réclament du collatéral pour se protéger du risque de crédit. Cette hausse de la demande de collatéral, conjuguée à la crise des dettes souveraines, fait redouter à certains observateurs un « collateral crunch ». Pour tous les acteurs du sell side comme du buy side, l’heure est à la réorganisation de leur gestion du collatéral. Pour le plus grand bonheur des prestataires de services financiers.

Collatéral, précieuse matière première

En une dizaine d’années, la notion de collatéral semble s’être imposée comme la solution – quasi « miraculeuse » – aux problèmes qui se posent à la sphère financière. Les régulateurs veulent pousser les banques à se prémunir contre le risque de contrepartie ? Ils favorisent les prêts contre collatéral dans leurs règles prudentielles. Les acteurs financiers se méfient de leur prochain depuis la faillite de Lehman ? Ils réclament du collatéral pour une part croissante de leurs transactions. Les dérivés de gré à gré menacent l’équilibre des marchés ? Faisons-les passer par des chambres de compensation, qui demanderont, à leur tour, du collatéral. On s’inquiète d’une crise de liquidité ? Les banques centrales inondent les banques de cash… contre du collatéral.

Pour les acteurs financiers, au premier rang desquels les banques, cela rend particulièrement stratégique la gestion de ce collatéral. Un certain nombre de prestataires, des dépositaires et conservateurs jusqu’aux banques d’investissement, se sont d’ores et déjà positionnés sur ce créneau, à grand renfort d’investissements technologiques. Les grandes chambres de compensation se préparent également à l’arrivée des transactions sur dérivés OTC des acteurs du buy side. Les banques elles-mêmes, repensent la manière dont le collatéral circule entre leurs différents départements, leur réorganisation devenant parfois un secret de fabrique.

Remède ou poison ?

À cette augmentation structurelle de la demande de collatéral, s’ajoute un environnement conjoncturel défavorable. La crise actuelle malmène en effet les actifs les plus prisés comme collatéral : les dettes souveraines. Cette raréfaction des garanties de bonne qualité fait craindre à certains observateurs, notamment anglo-saxons, un « collateral crunch ». La masse des titres mobilisables est certes considérable, mais ils ne deviennent collatéral qu’à partir du moment où ils sont acceptés comme tels par une contrepartie. C’est ce que remet en question la crise de confiance actuelle. Les banques centrales travaillent à un élargissement de leurs critères d’éligibilité, tandis que les chambres de compensation s’attachent, elles, à préserver leur modèle de risque.

Surtout, une circulation fluide du collatéral dans le système financier repose sur le recours massif au marché du repo et à son jumeau, celui du prêt-emprunt de titres. Cela confère à ces marchés un rôle systémique certain, auxquels les régulateurs s’intéressent de plus en plus. Le Financial Stability Board (FSB) a notamment pointé du doigt la place du repo dans le shadow banking system, cette finance de l’ombre non régulée qui a contribué à la crise de 2008.

Remède pour certains, poison pour d’autres, le collatéral est en tout cas au cœur de la réforme du système financier mondial.

Dossier réalisé par Séverine Leboucher

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