Cet article appartient au dossier : Le collatéral, précieuse matière première.

Le niveau actuel de collatéralisation des dérivés OTC

Enquête de l’ISDA

Part du volume des dérivés OTC échangés ayant fait l'objet d'un échange de collatéral

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  • Valeur du collatéral en circulation

    Valeur du collatéral en circulation

  • Niveau de collatéralisation des expositions aux crédits OTC selon la nature de la contrepartie

    Niveau de collatéralisation des expositions aux crédits OTC selon la nature de la contrepartie

Revue de l'article

Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°299

Le collatéral, précieuse matière première

Dans quelle mesure les acteurs des marchés de dérivés OTC ont-ils d’ores et déjà recours au collatéral pour garantir leurs transactions ?

C’est la question posée chaque année à ses membres par l’ISDA, association internationale en charge des produits dérivés. Pour son édition 2011, l’ISDA Margin Survey a ainsi recueilli les témoignages de 83 participants, principalement des banques et des brokers, le buy side étant peu représenté.

De plus en plus de collatéral

L’association rappelle que la collatéralisation des transactions OTC n’est pas l’unique méthode pour se protéger du risque de crédit généré par les produits dérivés : les contreparties peuvent en effet allouer des fonds propres face à leur exposition, acheter une assurance auprès d’un tiers ou prévoir des clauses de compensation avec exigibilité anticipée (close-out netting). Toutefois, la collatéralisation est la méthode la plus répandue. Les acteurs du marché des dérivés OTC y ont ainsi de plus en plus recours (voir Graphe 1), en particulier pour leurs transactions sur swaps de taux et sur CDS. Les swaps de changes et les dérivés de matières premières sont moins collatéralisés car souvent utilisés par les entreprises non financières, moins enclines à ce type de protection. En effet, le niveau de collatéralisation des expositions dépend fortement de la nature de la contrepartie (voir Tableau).

L’ISDA estime à 2 900 milliards de dollars la valeur totale du collatéral en circulation en 2010 (voir Graphe 2). Ce chiffre est en repli de 7 % par rapport à 2009, ce que l’association explique en particulier par le mouvement de concentration parmi les acteurs des marchés dérivés. Sur la période 2000-2010 toutefois, la valeur du collatéral en circulation aurait crû, selon l’ISDA, de 30 % par an, contre seulement 14 % pour l’exposition brute aux dérivés OTC telle que calculée par la Banque des Règlements Internationaux (BRI). Quelque 150 000 accords (CSA), majoritairement bilatéraux, sous-tendent ces échanges de collatéral.

Sa composition

80 % du collatéral échangé dans le cadre de transactions sur dérivés OTC est du cash, essentiellement de l’euro et du dollar, la proportion entre ces deux devises étant équilibrée. Les titres souverains représentent la majeure partie des 20 % restants, tandis que les obligations d’entreprise ou les actions ne sont utilisées qu’à la marge. Près de 74 % du collatéral reçu est réutilisé par la contrepartie qui en bénéficie, pour acheter des titres, collatéraliser ses propres expositions sur dérivés ou prêter. Cette part s’élève même à 90 % pour le collatéral reçu sous forme de cash, contre 44 % pour les titres.

Anticipant les réglementations en cours de finalisation, l’ISDA a interrogé cette année ses 14 plus gros dealers sur leur recours aux chambres de compensation (CCP). Ils ont ainsi déclaré avoir déposé 41 milliards de dollars de collatéral auprès de CCP, dont seulement 5 en tant que membre compensateur d’une chambre. Une goutte d’eau dans l’océan, si on la compare aux 2 900 milliards de dollars de collatéral en circulation, mais qui ne va cesser de grossir dans les années qui viennent. S.L.

 

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