Le capital-investissement en manque d’oxygène

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

Introduction

Le capital-investissement en manque d’oxygène

Les levées de fonds auprès des banquiers et des assureurs devenant difficiles, le capital-investissement compte sur les particuliers. Mais les intentions fiscales de l'actuelle majorité contrarient les espoirs du secteur. Menacé d'asphyxie, le capital-investissement se mobilise afin de rappeler son utilité économique, certains LBO ayant terni son image.

Le capital-investissement en manque d'oxygène

L'asphyxie menace le capital-investissement. Les levées de fonds de 2011 en Europe pèsent environ la moitié de celles de 2008, selon les chiffres de l'ECVA [1]. En France, la tendance est similaire et le bilan de 2012 s'annonce mal.  « Beaucoup d'équipes n'ont plus d'argent à investir », alerte Chloé Magnier, chef économiste de l'AFIC [2].  Les levées de fonds du premier semestre 2012 atteignent à peine 28 % des levées de l'année 2011 et s'il est trop tôt pour connaître les chiffres officiels du second semestre, les premières indications incitent au pessimisme. La profession montre du doigt les normes prudentielles Bâle III et Solvabilité 2, qui s'appliquent aux banquiers et aux assureurs et les dissuadent d'investir largement en capital-investissement  (voir aussi l'article « Le capital-investissement en manque de carburant »). Les liquidités en provenance des particuliers pourraient elles aussi se tarir si la majorité actuelle adopte des règles fiscales peu (ou pas du tout) incitatives (voir l'article de Laure Delahousse et Audrey Hyvernat de l'AFG [3]).

Ce climat de disette pourrait toutefois présenter des aspects positifs : « La raréfaction des ressources va conduire à un assainissement du marché, notamment en Europe et aux États-Unis. Un private equity plus raisonné va émerger », pronostique Antoine Dréan, président de Triago, qui conseille les fonds de capital-investissement pour les levées de fonds.

Certains schémas du private equity sont en crise : des entreprises sous LBO [4] connaissent une situation de détresse financière (voir l'article de Sophie Vermeille et Alexandre Debaudre de l'Institut Droit & Croissance). Les LBO sont critiquables dès lors que l'endettement est excessif et limite la capacité d'investissement de l'entreprise. Mais ce cas de figure serait exceptionnel, selon l'AFIC, qui rappelle à travers l'article d'Éric Dejoie l'intérêt du capital-transmission pour l'économie. Pourtant, le mécanisme des LBO semble menacé par le Projet de loi de finances pour 2013 (voir l'article de Guy Roulin de Fidal).

Autre segment du private-equity, le capital-développement a fait l'objet d'une récente étude par l'AFIC. Elle tend à montrer l'utilité économique et sociale de ce modèle qui représente, selon les années, entre un tiers et la moitié des sommes investies par le private equity et plus de la moitié des entreprises accompagnées. Ces sociétés sont pour l'essentiel des PME et des ETI [5]. Trois ans après l'année de l'investissement, elles affichent une progression de leurs effectifs supérieure de 42 % à celle des entreprises comparables mais non accompagnées. La progression du chiffre d'affaires est elle aussi nettement supérieure (65 %) et l'accès à la dette bancaire facilité.

De telles études convaincront-elles la majorité actuelle de l'intérêt du capital-investissement pour l'économie ?

Dossier réalisé par Sophie Gauvent

[1] European Private Equity and Venture Capital.

[2] Association française des investisseurs pour la croissance.

[3] Association française de la gestion financière.

[4] Leverage Buy-Out.

[5] Entreprises de taille intermédiaire.

Sommaire

Le dossier que vous souhaitez consulter est payant ou réservé à nos abonnés.

Vous êtes abonné.
Merci de vous identifier.

Achetez ce contenu à l'unité
Tarif : 15.00 euros TTC
Banque & Stratégie