Cet article appartient au dossier : Le capital-investissement en manque d’oxygène .

Levées de fonds en France

Le capital-investissement en manque de carburant

Inquiétants, les chiffres de l'AFIC mettent en évidence le manque de ressort des levées de fonds sur le premier semestre 2012. Les premières indications sur la fin de l'année n'incitent guère à l'optimisme.

1. Evolution du différentiel cumulé entre les investissements et les levées de fonds en motants

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Revue de l'article

Cet article est extrait de
Banque & Stratégie n°309

Le capital-investissement en manque d’oxygène

« Beaucoup d'équipes n'ont plus d'argent à investir », alerte Chloé Magnier, chef économiste de l'AFIC [1], qui a mesuré les levées de fonds du capital-investissement en France au premier semestre 2012. Elles atteignent seulement 1 794 millions d'euros, soit 28 % des levées de 2011 (voir Graphique 1). « Et nous n'avons pas connaissance de levées importantes permettant de corriger le tir au second semestre », précise-t-elle. Ainsi, le différentiel cumulé entre les levées de fonds et les investissements se creuse. « Ce déficit de financement est révélateur d'une industrie en déclin », commente l'économiste. Il consomme peu à peu les réserves constituées lors des bonnes années de collecte (avant 2009). Ces réserves menacent de se tarir bientôt, dans un délai de 1 an selon certaines estimations.

Parmi les investisseurs, assureurs et banquiers sont beaucoup plus timides qu'en 2008 (voir Graphique 2). Les régulations Solvabilité ​2 et Bâle III sont montrées du doigt, car elles dissuadent d'investir largement dans cette classe d'actifs. Toutefois, le président de l'AFIC, Louis Godron s'étonne : « Désormais, moins de 1,5 % des encours d'assurance vie sont investis en capital-investissement ; c'est incohérent avec une politique qui veut taxer la rente et favoriser l'investissement, d'autant que ce placement bénéficie d'un régime fiscal privilégié. »

En revanche, le secteur public maintient sa présence. « Il s'agit du dispositif France Investissement, de CDC Entreprises, de filiales de la BEI, de fonds souverains étrangers, etc. », précise l'AFIC. Ainsi, l'argent public constitue le premier contributeur pour le premier semestre 2012 (voir Graphique 3).

Face à cette situation, l'association réclame que l'épargne soit en partie orientée vers le capital-investissement : par exemple, 5 % des fonds collectés sur le livret A ou via l'assurance vie. Et elle regrette bien sûr le traitement réservé aux régimes des FIP et des FCPI (au travers desquels investissent les personnes physiques), comme l'explique Louis Godron : « Dans le projet de loi de finance pour 2013, le plafond des FIP [2] et des FCPI [3] est raboté et place de fait ces dispositifs en concurrence avec les emplois à domicile; cela revient à condamner ces régimes alors qu'ils constituaient notre dernier espoir pour relancer le financement des start-up, une sur deux en France étant alimentée par le capital-risque via ces dispositifs. »

Si le capital-investissement ne trouve plus de carburant, la panne d'essence privera les entreprises d'une source importante de fonds propres.

[1] L’Association française des investisseurs pour la croissance représente la quasi-totalité des acteurs du capital-investissement.

[2] Fonds d'investissement de proximité.

[3] Fonds commun de placement dans l'innovation.

 

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