Le private equity, et plus particulièrement le monde du LBO, entre dans une crise sans précédent dont l'une des manifestations est la difficulté à lever de l'argent. En 2012, le montant global levé par les fonds de private equity serait de l'ordre de 265 milliards de dollars, soit moins de la moitié des montants levés annuellement avant la crise. Face à l'adversité, le marché doit se réinventer.
Reste que le private equity, bien choisi (et c'est là toute la difficulté), constitue l'une des seules classes d'actifs pouvant générer des retours sur investissement élevé avec un niveau de risque acceptable. De plus en plus de
Chanceux sont ceux qui n'ont pas atteint leur ratio interne ! Pourquoi chanceux ? Parce que l'année 2013 pourrait sonner le retour à des valorisations raisonnables, donc de bonnes affaires. Le prix des entreprises a tendance à baisser en raison de deux facteurs :
- la disparition naturelle d'une partie importante de l'
argent promis aux fonds (probablement 170 milliards de dollars), du fait de la fin des périodes d'investissement (5 ans) des fonds datant de 2007 et 2008 ;[4] - la disparition de nombreuses équipes de capital-investissement, faute de nouvelles levées fructueuses.
D'où vient l'argent ? Plus ou moins des mêmes investisseurs qu'il y a dix ans, contrairement à beaucoup d'idées reçues. Ce sont toujours les fonds de pensions américains, australiens, canadiens ou hollandais, les compagnies d'assurance scandinaves, les familles américaines ou européennes qui contribuent le plus aux fonds de private equity. Les fonds souverains et autres investisseurs arabes ou asiatiques prennent certes une place de plus en plus importante mais restent relativement locaux et préfèrent investir directement dans les entreprises plutôt que via des fonds de private equity.
La raréfaction des ressources va conduire à un assainissement du marché, notamment en Europe et aux États-Unis. Un private equity plus raisonné va émerger, loin des excès des années 2005-2008. Le capital-investissement de demain sera proche des pratiques des années 1990, quand les maîtres mots étaient inefficience de marché et création de valeur opérationnelle. À l'avenir, le capital-investissement sera donc moins à l’affût d'effets de levier procuré par l'endettement et davantage concentré sur la création de valeur à partir des atouts intrinsèques des entreprises.