L’innovation financière
au service des PME et ETI

Créé le

28.10.2024

-

Mis à jour le

29.10.2024

D’un côté des fonds apportés par des investisseurs ; de l’autre, des besoins d’entreprises. Au milieu,
la digitalisation. Ou comment créer des ponts ?

À l’œuvre depuis le début du millénaire, la digitalisation de l’économie a connu une forte accélération au cours des dix dernières années, aussi bien dans le commerce BtoC que dans le commerce BtoB. Le volume mondial des échanges e-commerce inter-entreprises a doublé entre 2020 et 2024 et avoisine maintenant les 30 000 milliards de dollars. Il devrait continuer à croître au rythme de 17 % par an d’ici 2028, selon les estimations d’Agileintel Research. En France, le e-commerce BtoB a représenté en 2022 un volume de 700 milliards d’euros, un niveau six fois supérieur à celui du e-commerce BtoC. Les entreprises françaises réalisent plus de 20 % de leur chiffre d’affaires à travers ce canal. Elles disposent de marketplaces spécialisées leur permettant de passer leurs commandes en ligne et de payer de manière dématérialisée, instantanée, dans un environnement sécurisé. Enfin, la directive révisée sur les services de paiement (DSP2) entrée en vigueur en 2018 a posé les fondements juridiques pour le développement d’un marché intérieur des paiements électroniques intégré à l’échelle des pays de l’Union européenne.

Vous avez dit crédits digitaux fractionnés ?

Cette révolution silencieuse crée de nouveaux besoins et, simultanément, grâce aux intechs, a ouvert la voie à de nouveaux usages, comme l’intégration de crédits digitaux fractionnés dans l’offre de service des plateformes de paiement. Le coût et le délai de traitement des demandes sont déterminants pour les solutions de financement granulaire déployées par les fintechs et mises à disposition par les fonds de dette privée. Ces solutions innovantes sont rendues possibles par l’avènement de la « finance 2.0 » couplée aux progrès de l’intelligence artificielle. Le développement de l’open data, l’open finance et l’open banking apportent un accès élargi aux données et à l’historique de chaque client. La très grande richesse des data permet d’analyser les entreprises en amont, de suivre en temps réel l’évolution de leur situation et de connaître l’existence d’éventuels incidents ou des interdictions auxquels elles seraient soumises.

La nouveauté ne réside pas tant dans l’accès aux informations que dans l’instantanéité de la mise à disposition de celles-ci, et dans le processus de traitement et d’analyse de cette masse de données, ramené à quelques secondes, contre plusieurs jours voire des semaines lorsque les opérations étaient réalisées manuellement. L’intégration de solutions technologiques permet également des gains de temps considérables sur le volet conformité, grâce, par exemple, au traitement automatisé et instantané des informations issues des bases de données de sanctions de l’Union européenne et des États-Unis ou l’accès aux données du RCS dans le cadre des contrôles KYC/KYB (processus de vérification Know Your Customer/Know Your Business).

Fintechs et IA à la manœuvre

Ces données sont agrégées et passées au crible par les fintechs avec l’aide de l’IA, pour affecter un scoring à chaque demande. En amont de l’octroi des crédits, le fonds définit les critères d’éligibilité des entreprises dans le cadre de sa stratégie d’investissement en dette privée. Le scoring permet de déterminer qui est éligible et qui ne l’est pas, ainsi que le montant maximum du financement autorisé, qui variera selon le profil de risque du demandeur et le niveau de risque jugé acceptable par le financeur.

Sienna IM a ainsi développé une expertise tech pour offrir des financements digitaux aux TPE et PME via un riche écosystème de fintechs françaises partenaires (voir encadré) et a octroyé plus d’un milliard d’euros de financements depuis 2016. Ses fonds sont destinés en priorité aux PME qui représentent 97 % du tissu entrepreneurial français et emploient 48 % de la population active, mais restent mal irriguées financièrement, contrairement aux grandes entreprises. D’ailleurs, pour beaucoup de PME, les défis de trésorerie constituent la cause principale de leurs difficultés, voire de défaillance. Les chiffres 2023 de l’Observatoire des délais de paiement de la Banque de France soulignent l’ampleur du problème : s’agissant des paiements inter-entreprises, le délai fournisseur moyen s’établit à 51 jours, et seule la moitié des entreprises paient sans retard (+3 points de pourcentage en un an). Le nombre moyen de jours de retard s’établit à 12,6 (+1 jour en un an). Les PME sont la catégorie d’entreprise la plus pénalisée par ces retards, avec un impact négatif global sur leur trésorerie estimée à 15 milliards d’euros.

Une stratégie granulaire
de crédit court terme

Dans le modèle d’activité retenu, le gérant d’actifs définit la stratégie d’investissement, les niveaux de risques et de rendements attendus en fonction des besoins des investisseurs. L’offre de crédit est distribuée aux emprunteurs à travers les plateformes de commerce BtoB partenaires, auxquels le fonds de dette privée prête. Le fonds se refinance auprès d’investisseurs professionnels. Le portefeuille très granulaire de cette stratégie, qui comporte plusieurs milliers de lignes, apporte à l’investisseur une grande diversification en termes de risque, d’exposition sectorielle et géographique. La maturité des titres en portefeuille est courte, correspondant aux délais habituels de paiement fractionné. Les rendements sont issus des intérêts payés par les entreprises clientes et/ou par les plateformes de commerce en ligne souhaitant offrir ces facilités à leurs clients.

La solution développée rend possible et plus fluide le financement de créances comprises entre quelques milliers et quelques dizaines de milliers d’euros, par rapport au système de financement traditionnel, notamment à cause du coût de traitement unitaire. En proposant de financer le délai de paiement, elle répond au besoin de trésorerie des acheteurs qui souhaitent payer à 30, 60 ou 90 jours, alors que les vendeurs attendent d’être payés immédiatement. Cela engendre aussi des gains substantiels de productivité pour les entreprises. Plutôt que d’avoir à effectuer une multitude d’opérations auprès d’acteurs différents, et dans des temporalités différentes, elles réalisent l’ensemble des opérations en une seule séquence, grâce aux protocoles des fintechs partenaires, qui apportent chacune des briques adaptées à chaque type de service (marketplaces, compliance, authentification, paiement, scoring, prélèvements, recouvrement, etc.).

Ces solutions de financement granulaire 2.0 constituent une illustration concrète des potentialités offertes par la technologie et l’intelligence artificielle, qui créent des opportunités à la fois pour les entreprises clientes et pour les investisseurs. Elles s’inscrivent dans le double mouvement de digitalisation de l’économie et d’open data, ouvrant la voie à de nouveaux usages, pour les particuliers, mais plus encore pour les entreprises.

À retrouver dans la revue
Revue Banque HS-Stratégie-Nº11
Les fintechs, une réussite française
Autrefois pionnière en matière d’innovation financière dans le domaine des paiements, puis distancée par les pays anglo-saxons, la France a rattrapé son retard grâce à des politiques volontaristes d’appui au développement des fintechs, menées en particulier à travers Bpifrance, et grâce à une régulation favorable. Avec près de 900 acteurs (contre 500 en 2017, source : France Fintech), l’Hexagone est maintenant devenu le premier écosystème fintech de l’Union européenne et le second au niveau continental derrière la Grande-Bretagne.
Les fintechs sont le secteur le plus représenté au sein des licornes françaises (40 % du total) et sont à l’origine de la création de 50 000 emplois nets.
Le secteur s’appuie sur une tradition d’excellence scientifique et mathématique, qui se traduit par une forte composante de solutions techniques à base d’intelligence artificielle. Il a gagné en maturité : 53 % des entreprises ont réalisé un million d’euros ou plus de chiffre d’affaires en 2023, contre 36 % en 2022. La France compte plus de 200 lending techs, spécialisées entre autres dans le financement court terme des entreprises ou l’affacturage. C’est, par exemple, le cas de Defacto et Aria, particulièrement en pointe sur ces sujets, à qui Sienna IM apporte la liquidité en faisant le pont, grâce à la technologie, entre les investisseurs et l’économie réelle.