Le private equity commence à s’imposer comme une source de diversification recherchée dans la construction des portefeuilles. Pourtant, pendant des décennies, son accès est resté limité à un nombre restreint d’investisseurs institutionnels et de grandes fortunes.Cette exclusivité ne tenait pas uniquement au niveau très important des tickets d’entrée unitaires (minimum de 15 millions d’euros dans les grands fonds). Elle résultait aussi d’une complexité structurelle : documentation très technique, processus de souscription laborieux, appels de fonds aléatoires et difficiles à appréhender, jargon de reporting indéchiffrable. En pratique, pour de nombreux investisseurs privés, la barrière était autant opérationnelle que financière.
Pour permettre une adoption plus large de la classe d’actifs, la question n’est donc pas de transformer la nature du private equity, mais de repenser complètement les conditions de son accès.
Lever les freins à l’utilisation
La démocratisation d’une classe d’actifs exigeante comme le private equity ne peut pas passer par une altération de ses fondamentaux. Elle suppose en revanche de simplifier considérablement l’expérience investisseur et les processus opérationnels qui lui sont attachés. La technologie constitue à cet égard un levier structurel.
Dès l’origine, nous avons fait le choix, chez Altaroc d’un parcours d’investissement entièrement digitalisé : souscription dématérialisée, KYC intégré, gestion administrative centralisée. Ces dispositifs réduisent considérablement les délais et les frictions tout en renforçant traçabilité et conformité. Par ailleurs, pour permettre aux banques d’intégrer le private equity dans leurs propres systèmes d’information, nous avons conçu des modules capables d’agréger valorisations, engagements appelés et non appelés. Des données évidentes pour les actifs cotés, mais longtemps difficiles à intégrer pour le non-coté.
Restaurer visibilité et prévisibilité
L’un des obstacles opérationnels du private equity réside dans le mécanisme des appels de fonds successifs. Par nature, cette classe d’actifs fonctionne sur des engagements appelés progressivement, au fur et à mesure des acquisitions d’entreprises faites par les gérants. Les aléas d’appels, réalisés si et quand les fonds financent leurs transactions, génèrent un manque de lisibilité dans le pilotage de sa trésorerie et constitue bien souvent un facteur supplémentaire d’inconfort majeur dans une gestion patrimoniale. Il n’est pas rare de recevoir des appels de fonds successifs en août parce qu’un deal s’est fait pendant l’été avec, à la clef, une période de notification très courte pour honorer le paiement.La programmation des appels de fonds constitue à cet égard un progrès structurant.
La démocratisation passe également par la pédagogie. Un reporting clair et structuré ne se limite pas à des indicateurs de performance. II s’agit de montrer aux investisseurs dans quelles sociétés ils investissent et comment les gérants de private equity accompagnent le développement de ces entreprises avec des plans de création de valeur très orchestrés. Chez Altaroc, nous publions des reportings trimestriels conçus pour être à la fois clairs et pédagogiques, permettant au lecteur d’accéder immédiatement aux principaux indicateurs de performance du fonds. Nous allons toutefois bien au-delà de cette vision synthétique : nous présentons également le portefeuille de sociétés sous-jacentes, son exposition sectorielle et géographique, la création de valeur réalisée, ainsi que la valorisation et le poids des principales participations. Nous décrivons également l’activité d’investissement et de désinvestissement qui a été réalisée sur la période. Enfin, deux fois par an, nous faisons un focus sur les quinze sociétés les plus significatives du portefeuille.
Démocratiser sans banaliser
La technologie ne supprime ni le risque ni l’illiquidité inhérents au private equity. Démocratiser ne signifie pas simplifier à l’excès ni banaliser. L’exigence demeure : sélection rigoureuse des gérants, construction disciplinée des solutions d’investissement, pédagogie constante. La digitalisation est un facilitateur ; elle ne remplace ni l’expertise ni la discipline d’investissement.
Ouvrir le private equity ne revient pas à en dénaturer les principes. Il s’agit d’en clarifier les mécanismes, d’en fluidifier l’accès et d’en moderniser l’expérience. C’est à cette condition qu’il pourra s’inscrire durablement dans l’allocation d’actifs d’un nombre croissant d’investisseurs.