« Les banques françaises présentent une situation prudentielle solide », a souligné Agnès Bénassy-Quéré, la sous-gouverneure de la Banque de France à l’occasion d’une conférence de presse, à la suite de la parution du rapport de l’institution sur la stabilité financière. Leur ratio de fonds propres CET1 reste stable, à 15,5 %. « La hausse possible des prêts non performants reste absorbable au regard des bilans diversifiés des banques », ajoute-t-elle.
Même constat serein pour les assureurs, dont la solvabilité progresse et reste largement supérieure aux exigences réglementaires. La Banque de France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) et l’Autorité des marchés financiers (AMF) ont lancé un premier stress-test à l'échelle du système financier, « un exercice innovant et extrêmement ambitieux », selon Agnès Bénassy-Quéré. Les conclusions sont attendues en fin d’année.
Le cyber-risque aussi ciblé
La Banque de France identifie toutefois des points de vigilance. Le crédit privé, d’abord, où le risque tient moins aux faibles expositions directes des banques et des assureurs français qu'à d'éventuels effets de contagion via les marchés d’actions et du crédit high yield. Alors que le cyber-risque demeure élevé, l'essor des modèles d'IA avancés oblige les institutions financières à renforcer leur sécurité.
Enfin, le marché des pensions livrées (repo), essentiel au financement de l'économie et à la liquidité obligataire, fait l'objet d'une vigilance accrue. « C'est une source croissante de vulnérabilité », avertit Édouard Vidon, directeur de la stabilité financière, en raison de l'accumulation d'un fort effet de levier par les hedge funds, de plus en plus présents sur ce marché, et d'une intermédiation très concentrée. « L'enjeu est de bâtir un cadre macroprudentiel capable de limiter les risques sans nuire à la liquidité des marchés souverains », conclut-il.