François Villeroy de Galhau rappelle la robustesse des banques mais alerte sur les nouveaux risques

Créé le

22.05.2026

Le gouverneur de la Banque de France a commenté pour la dernière fois le bilan annuel de l’ACPR dont il est aussi le président. L’occasion de rappeler les faits saillants de cette dernière décennie de supervision et de transmettre des messages à son successeur sur les risques climatiques, cyber, technologiques ou encore de souveraineté.

Pour sa dernière présentation du bilan annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), François Villeroy de Galhau, qui laisse bientôt les rênes de la présidence de l’ACPR à son successeur Emmanuel Moulin tout comme ceux de la Banque de France, a dressé le bilan d'une décennie de supervision.

Un secteur résilient

En dix ans, des dizaines de textes et de standards techniques ont permis de clarifier le cadre prudentiel des banques et des assureurs. Le travail effectué aux côtés de l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles (EIOPA), l’Autorité bancaire européenne (EBA) ou encore du Mécanisme de supervision unique (MSU) ont eu un mérite : « Réussir une Union de supervision en Europe et faire taire les inquiétudes sur les banques européennes », a rappelé François Villeroy de Galhau, lors de la conférence de presse annuelle des résultats de l’ACPR qui s’est tenu le 21 mai dernier. Il a d’ailleurs souligné que le dernier épisode de crise en zone euro fut la reprise en urgence de Banco Popular en Espagne, en juin 2017.

Un appel à la simplification

La robustesse du secteur est désormais éprouvée. Le ratio CET1 des banques françaises s’élève à 15,5 % fin 2025, contre 12,5 % en 2015 et le taux de couverture Solvabilité 2 des assureurs dépasse 250 %, contre 226 % il y a dix ans. Pour François Villeroy de Galhau, il n'y a pas lieu désormais d'« alourdir encore les exigences globales » sur un secteur suffisamment capitalisé. Il plaide au contraire pour « davantage de simplicité et compétitivité de façon pragmatique », avec une supervision moins encombrée de procédures et plus holistique.

Cyber, un nouveau risque systémique ?

Mais le gouverneur partant ne quitte pas la scène sans pointer les batailles à poursuivre. Quatre enjeux restent aujourd’hui majeurs : assurer la souveraineté européenne face aux chocs géopolitiques, faire face aux risques climatiques en constante augmentation, accompagner la révolution numérique ; et se préparer au risque cyber, susceptible selon lui de « devenir systémique ». « Un superviseur est payé pour rester vigilant », a-t-il conclu. Message transmis à son successeur.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº917