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2024 a été une année contrastée pour les introductions en bourse. C’est ce qui ressort du rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers (AMF). Et pourtant dans le cadre de sa stratégie de renforcement de l’attractivité de la Place de Paris, l’AMF a supprimé en mai 2024 l’obligation pour les sociétés entrant en bourse de réserver au moins 10 % de leurs actions aux particuliers. L’an dernier, les introductions ont donc diminué, passant de 9 en 2023 à 7 en 2024. Pour autant, les montants levés ont progressé, grâce à Planisware (278 millions d’euros) et Exosens (403 millions).
Au rayon des chiffres, l’an passé, le gendarme de la bourse a délivré 543 visas financiers (contre 523 en 2023), dont 237 suppléments de prospectus. La Commission des sanctions, elle, a prononcé 12 décisions, impliquant 60 personnes (dont 41 personnes physiques, contre 23 en 2023). À la clef : 26,5 millions d’euros de sanctions.
Alors que la finance non bancaire représente la moitié de la finance mondiale, l’instance de surveillance a également coprésidé les travaux de l’OICV sur la liquidité des fonds et contribué aux recommandations du Conseil de stabilité financière sur les risques de levier. En Europe, elle a collaboré avec d’autres autorités pour améliorer la gestion de liquidité et participe aux consultations macroprudentielles. Sa contribution a été notable dans les travaux sur la relance de l’Union des marchés de capitaux, le développement de la titrisation et la stratégie européenne pour les investissements des particuliers. Le régulateur a permis l’essor des fonds Eltif en France, désormais accessibles aux épargnants.
Contrôle SPOT mitigé sur SFDR
Côté technologie et finance durable, l’année a été riche. Impliquée activement dans les travaux sur l’intelligence artificielle (IA), l’AMF a accompagné des acteurs innovants et utilisé l’IA pour traiter près de 150 000 documents et automatiser l’analyse des frais des fonds français. L’autorité a reçu, dans le cadre du régime d’enregistrement renforcé obligatoire pour les prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), plus de 30 dossiers, délivré 3 enregistrements renforcés et 3 agréments, validé 11 évolutions et radié 5 PSAN. Les contrôles SPOT qu’elle a menés sur cinq sociétés de gestion dans le cadre du règlement SFDR, ont mis en évidence des avancées, notamment en matière de ressources humaines dédiées à la finance durable. Toutefois, des lacunes persistent, telles que l’insuffisance de données externes pertinentes et un historique limité. La campagne a aussi révélé des défaillances dans la communication extra-financière des distributeurs. Les visites mystère au sein des établissements financiers ont montré un recueil partiel des préférences durables des clients, soulignant un besoin urgent de formation et de conformité. La communication extra-financière demeure donc encore perfectible.