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« Réguler la finance, renforcer la confiance » : c’est avec cette nouvelle signature que l’AMF a publié son rapport annuel 2025. Plus qu’un changement d’identité visuelle, le régulateur veut y réaffirmer son engagement au service de la protection des épargnants et de la stabilité des marchés financiers. « La prévention des crises est aujourd’hui plus que jamais un axe majeur de notre action », a rappelé Marie-Anne Barbat-Layani, la présidente de l’AMF, lors d’une conférence de presse.
Or l’instabilité financière figurait parmi les principaux risques anticipés par l’AMF en 2025. Ils se sont matérialisés avec la montée des incertitudes géopolitiques, compte tenu de la guerre en Iran, et le retour de la volatilité en Bourse. Si les marchés ont jusqu’ici fait preuve de résilience, l’AMF identifie désormais plusieurs zones de vulnérabilité : concentration des indices, valorisations élevées, importance des stratégies à effet de levier et développement très rapide de la finance privée.
Adoption massive de l’IA
La cybersécurité et l’intelligence artificielle (IA) constituent par ailleurs deux autres points de vigilance pour l’avenir. Malgré le cadre européen DORA, qu’elle juge particulièrement adapté, l’Autorité considère que les progrès récents de l’IA changent profondément la nature des risques opérationnels et cyber pour le secteur financier. Le régulateur souligne aussi l’adoption massive de l’IA par les professionnels de la finance : « 90 % des acteurs financiers supervisés y ont déjà recours ou prévoient de l’utiliser rapidement », a rappelé Sébastien Raspiller, secrétaire général de l’AMF, qui a pointé une utilisation surtout en matière de back-office. Du côté des investisseurs particuliers, les usages progressent aussi. Ils sont désormais 11 % à utiliser l’IA avant de valider une décision d’investissement, selon un dernier sondage de l’AMF.
2026, année de la tokenisation
Face aux révolutions technologiques, Marie-Anne Barbat-Layani a rappelé qu’accompagner l’innovation était dans l’ADN de l’AMF, voyant 2026 comme « une année clé pour le développement de la tokenisation des actifs financiers ». En parallèle, sur le segment des crypto-actifs, l’entrée en vigueur de MiCA mobilise fortement les équipes du régulateur, avec déjà une vingtaine d’agréments délivrés. L’Autorité a rappelé la date limite du 30 juin pour les PSAN déjà enregistrés afin d’obtenir leur agrément MiCA et de poursuivre leurs activités commerciales dans l’Union européenne.
Enfin, face à l’explosion des arnaques financières en ligne, notamment sur les crypto-actifs, la protection des épargnants reste un axe majeur pour l’AMF. En 2025, le montant moyen des préjudices a atteint 34 000 euros, davantage qu’en 2024 (29 000 euros) et les escroqueries concernent 16 % de la population. Un vrai phénomène de société que l’AMF entend bien combattre avec de nouveaux outils législatifs en discussion.