La Banque de France mise sur l’IA pour gagner en efficacité

Créé le

27.10.2026

-

Mis à jour le

28.10.2026

Lutte contre le blanchiment, cybersécurité... La Banque de France entend généraliser son usage de l’intelligence artificielle.

Ce n’est pas une surprise, les banques intègrent toujours plus d’intelligence artificielle (IA) dans leurs process, leur permettant de renforcer leur avantage concurrentiel. C’est aussi le cas des banques centrales. Dans son bulletin publié ce 27 octobre, la Banque de France met en avant les gains associés à l’IA, d’un meilleur traitement des données à une cybersécurité renforcée. « Entre 2015 et 2023, la Banque de France a d’abord été dans une phase d’expérimentation avec, par exemple, du machine learning ou du deep learning », rappelle Jérôme Coffinet, directeur adjoint des données et des services analytiques au sein de l’institution.

Déployées en production à partir de 2021, certaines solutions permettent alors de détecter des anomalies dans les déclarations des établissements bancaires ou de déceler les « transactions atypiques » dans le cadre de la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC-FT).

Une crédibilité plus importante

Un sondage réalisé en interne à la Banque de France en 2025 montre que, moins d’un an après leur déploiement, 45 % des sondés utilisent des assistants conversationnels grand public. Le nouveau plan stratégique 2026-2028 prévoit même d’étendre l’IA à l’ensemble des agents. Pour les métiers qui l’utilisent déjà, notamment les contrôleurs, les premiers retours font état d’un gain de temps significatif.

Selon Jean-Brieux Delbos, expert processus data au sein de la direction générale des ressources humaines, « c’est aussi une question de crédibilité. Le fait d’être solide en matière d’IA, d’être novateur, participe à la confiance des acteurs économiques et du public vis-à-vis de notre politique monétaire. »

Un rôle ambivalent

Toutefois, il n’est pas question de l’utiliser sans garde-fous. La Banque de France a donc créé l’an dernier le Groupe Conseil IA qui « s’assure de la conformité des usages de la Banque avec l’AI Act », souligne Jérôme Coffinet. Quid de la cybersécurité ? L’IA a « un rôle ambivalent » puisqu’elle offre des moyens d’améliorer la sécurité informatique. Mais d’autre part, elle peut aussi être utilisée par les cybercriminels pour révéler des failles. « On veille, à la Banque de France, à ce que tout soit fait en bonne coordination entre les porteurs de stratégie, les spécialistes des systèmes d’information et les responsables de la bonne conformité des systèmes », conclut l’expert.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº922