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L’Association des maires de France, la Direction générale des Finances publiques (DGFiP), l’Éducation nationale... ces dernières semaines, les fuites de données sensibles se sont multipliées en France. Or ce phénomène appelle à la « plus grande vigilance concernant la fraude aux moyens de paiement », a souligné Denis Beau, premier sous-gouverneur de la Banque de France, lors de la présentation du rapport annuel de l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (OSMP), dont il est également président. Il faut dire que, depuis quelques années, l’ingéniosité des fraudeurs progresse.
Le virement, premier canal de la fraude
Sur les 36 264 milliards de paiements scripturaux recensés en valeur en 2025 (+4,2 % par rapport à 2024), la fraude représente 1,24 milliard d’euros en montant (+3,8 % sur un an). L’utilisation de la technique de fraude par manipulation, notamment avec de faux conseillers bancaires, a bondi de 34 % en un an, pour atteindre 516 millions d’euros. Le virement est ainsi devenu le premier canal de fraude, devant la carte bancaire ou le chèque.
Pour y remédier, la Banque de France a, depuis deux ans, mené un plan de coopération avec les opérateurs télécoms ou encore sensibilise les grandes plateformes au retrait des publicités d’arnaques en ligne. Depuis mai dernier, le fichier des IBAN frauduleux (FNC-RF) est également opérationnel. D’autres pistes sont par ailleurs en réflexion. « Nous étudions la faisabilité de mettre en place un numéro unique anti-scam, à l’image de ce qui existe déjà au Royaume-Uni ou en Belgique », détaille Julien Lasalle, adjoint au directeur des études et de la surveillance des paiements à la Banque de France.
Une meilleure sensibilisation
Pour réduire encore la fraude au chèque volé, les banques sont invitées à doubler leur alerte aux clients : pour prévenir de l’envoi et s’assurer de la bonne réception du chéquier. Enfin, pour les fraudes au numéro de carte volé (lors d’une commande par téléphone, par exemple), la Banque de France préconise de réduire le paiement à l’oral, d’établir un plafond par jour et d’ajouter une authentification forte pour ce type de transaction.
À l’heure où, en Asie, les fraudeurs prennent l’apparence de vrais conseillers avec l’IA, mieux sensibiliser les clients devient nécessaire. « Une banque n’a jamais besoin d’une action de son client pour stopper une fraude », a ajouté Denis Beau. Un message de prévention qui doit encore devenir un réflexe.