Le lien entre finance et
responsabilité environnementale

Créé le

20.12.2022

-

Mis à jour le

23.12.2022

L’année 2022 et la COP27 ont montré à
quel point l’urgence climatique est au cœur des préoccupations. Face à cette prise de conscience, le monde financier s’est emparé du défi, en intégrant de plus en plus de critères environnementaux et sociaux dans les appréciations et notations des entreprises.

En matière de transition environnementale, les banques ont un rôle clé à jouer, y compris dans l’accompagnement de leurs clients. Auprès des entreprises, petites, de taille moyenne (PME) ou intermédiaire (ETI), elles doivent surtout la faciliter et la rendre accessible. Car pour les PME et les ETI, cette transition vers une économie plus responsable peut être perçue comme annonciatrice de contraintes. Mais elle peut aussi se révéler être un véritable levier de croissance ! Face à ce constat, quel dispositif les banques ont-elles mis en place pour les accompagner ?

Apparus en 2017, les prêts à impact ont été les premiers à faire converger les notions d’ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) et de finance au sein des entreprises, en incluant des critères d’évaluation extra-financiers. Contrairement à des prêts verts ou à des obligations vertes, ces financements bancaires ne sont pas assortis de conditions d’utilisation de fonds spécifiques au profit de projets durables. La rémunération des crédits à impact est indexée sur la performance ESG de l’emprunteur et selon des critères prédéterminés en accord avec la banque.

Une flexibilité qui a su séduire

À leurs débuts, ces prêts à impact ont connu un succès d’image et d’estime auprès des grands groupes, comme EDF, Bel ou Danone. La flexibilité du produit a su en effet attirer un grand nombre de directions financières européennes qui ont pu, par ce biais, lier leurs financements à la stratégie extra-financière de leur groupe. Toutefois, avec un montant moyen compris entre 100 et 500 millions d’euros, ces crédits n’étaient proposés qu’aux grands comptes. Peu à peu, les banques ont donc souhaité changer la donne en démocratisant les prêts à impact et en les rendant accessibles aux ETI et aux PME déjà engagées, ou désireuses de s’engager dans une démarche de croissance plus durable et plus responsable.

En février 2020, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, pionnière sur ce marché, a lancé le tout premier prêt à impact, « Arkéa Pact », au bénéfice des PME et ETI. Accessible dès 2 millions d’euros, son objectif est de soutenir les entreprises dans leur transformation sociétale et environnementale en couplant financement bonifié et accompagnement stratégique. Le succès est immédiat et sera encore plus accentué au regard des nouveaux enjeux révélés par la crise sanitaire.

C’est Charier, spécialiste des travaux publics, qui inaugure ce dispositif. Grâce au prêt « Arkéa Pact », le groupe a pu financer partiellement son nouveau siège social, un bâtiment passif construit en métropole nantaise conforme au label allemand « PassivHaus », le plus exigeant en termes de respect de l’environnement. En un peu plus de deux ans, Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels a distribué 160 prêts à impact, pour un encours total de 800 millions d’euros, faisant bénéficier aussi bien des grandes marques comme Biocoop ou Boinaud, des acteurs du logement social comme Habitat Sud Atlantic, l’acteur public des hospices civils de Lyon, ou bien encore des collectivités comme Bordeaux Métropole ou la ville et l’Eurométropole de Strasbourg. S’ensuivra un effet boule de neige inédit.

Du côté des PME et des ETI, on assiste à un véritable fleurissement, poussant des entreprises qui ne s’étaient encore jamais intéressées au sujet, à franchir le cap. Les dirigeants et décideurs sont en effet de plus en plus questionnés par leurs parties prenantes sur leur stratégie RSE et comprennent la nécessité de faire évoluer leur « feuille de route ». Cette volonté commune d’accompagner les transitions permet aussi aux établissements financiers de disposer d’une vision plus fine du profil de risque de leurs clients.

Mais la volonté des acteurs financiers de traduire leur engagement environnemental en actions remonte à plus loin. À l’instar du Crédit Mutuel Arkéa, entreprise à mission depuis mai 2022 et premier groupe bancaire à se doter d’une « raison d’être » en 2019, les banques assument depuis longtemps le rôle d’accélérateur, d’incitateur, vis-à-vis de la société et de la planète. Accélérer l’intégration de ces enjeux durables en proposant des offres concrètes sonnait alors comme une évidence.

Pour progresser, il faut bien mesurer

Comment l’impact de ces entreprises est-il évalué ? Aujourd’hui, il n’existe pas de standard sur le marché et chaque banque a défini ses propres règles, qui vont de la redistribution de la bonification à une association à l’évaluation de critères objectifs et de leur progression. C’est la démarche que nous avons adoptée chez Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels, convaincus que seul ce qui est bien mesuré peut progresser.

De fait, dès les premières discussions avec un client désireux de mettre en place un prêt à impact, nous nous appuyons sur l’agence de notation extra-financière indépendante EthiFinance, afin de garantir la neutralité des évaluations. À partir d’une grille d’analyse et de critères mis en place spécialement pour ce dispositif et adaptés aux secteurs d’activité de nos clients, l’agence émet des recommandations et identifie des leviers de progression. Au fil des ans, cinq rapports seront remis et commentés aux dirigeants, pour leur permettre d’évaluer les progrès accomplis. Ces rapports qualitatifs sont de véritables sources d’information qu’ils peuvent utiliser dans leur stratégie de développement.

De plus, EthiFinance propose à l’entreprise de se « benchmarker » par rapport à ses pairs, tant au sein du même secteur d’activité que parmi les sociétés de taille similaire. L’entreprise dont le comportement est vertueux peut atteindre une économie pouvant aller jusqu’à 20 % sur le coût initial de son crédit – une incitation forte qui prouve que mêler critères financiers et extra-financiers peut s’avérer rentable !

L’essor des crédits à impact a redistribué les cartes au sein des banques et a décloisonné les frontières en soulignant le lien étroit entre finance et RSE. Aujourd’hui, le rôle du banquier ne se résume pas à distribuer une offre de produits, mais est bien d’être impliqué au cœur de la stratégie des entreprises, en conseillant et en accompagnant au mieux leurs transitions environnementales. Pour aller plus loin, des offres très diverses, par exemple en matière de transition énergétique, ont vu le jour et ont complètement transformé l’expérience client. Les banques sont également concernées dans leur propre gestion : à leur tour, elles doivent s’inscrire dans l’exemplarité et le progrès, en plaçant l’extra-financier au cœur de leur stratégie et en se soumettant aux mêmes évaluations que leurs clients. Dans le contexte de sobriété actuel, cette exemplarité sera d’autant plus attendue.

Mais le prêt à impact ne concerne pas que les PME et les ETI. Arkéa Banque Entreprises et Institutionnels a en effet souhaité élargir peu à peu son offre « Arkéa Pact » à toute la chaîne des acteurs économiques des territoires, et à ceux du secteur public local notamment. La banque est convaincue que les prêts à impact représentent de véritables leviers de développement responsable et que c’est en menant une action globale à l’échelle du territoire que les changements pourront réellement s’opérer.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº875-876