Comment permettre à une ETI non cotée de financer sa politique d’impact sans diluer son capital, tout en lui donnant les moyens humains de mettre en œuvre cette stratégie ? La réponse à cette question a été apportée il y a quelques semaines par l’entreprise Enygea, l’un des leaders français et européens de la location d’équipements sanitaires BtoB, lors d’une levée de fonds de 13 millions d’euros auprès de GENEO Capital Entrepreneur, sous forme d’obligation mezzanine totalement subordonnée. Une opération inspirée des « Sustainability Linked Bonds » (SLB), jusqu’à présent réservés aux grandes entreprises cotées, et qui vient combler un besoin de marché en matière de financement à impact en proposant aux ETI un produit de quasi-fonds propres non dilutif pour les actionnaires, couplé à la mise en place d’une équipe d’accompagnement externe pour aider le dirigeant à piloter sa démarche Responsabilité sociétale des entreprises (RSE).
Tout comme les SLB, il s’agit de proposer des titres financiers dont les caractéristiques varient selon que les objectifs de performance environnementale, sociale et de gouvernance (ESG) prédéfinis sont atteints ou non par l’émetteur. Concrètement, les SLB ont pour vocation de permettre aux émetteurs de se financer à un taux plus avantageux, sous condition d’atteinte d’objectifs d’impact.
Contrairement aux obligations vertes (green bonds) ou sociales (social bonds), cet emprunt n’est pas fondé sur un engagement de l’émetteur d’affecter le produit de l’émission à des projets liés au climat ou sociaux mais sur un ou plusieurs engagements quant à l’amélioration de ses propres performances en matière de durabilité voire, comme c’est le cas pour Enygea, de contribution sociétale directe.
Ces engagements sont mesurés grâce à des indicateurs clés de performance (Key Performance Indicators – KPI) et évalués par des objectifs de performance de durabilité (Sustainability Performance Targets – SPT).
Pas de modification du capital
Ce type de financement repose sur plusieurs principes :
– la sélection de KPI qui doivent être pertinents, essentiels pour l’activité de l’émetteur, mesurables et quantifiables ;
– le calibrage des SPT, qui expriment le niveau d’ambition auquel l’émetteur est prêt à s’engager et qu’il considère comme réaliste ;
– la variation de certaines caractéristiques des SLB. C’est l’objet même de cette obligation : selon que les SPT fixés ou les KPI sélectionnés sont atteints ou non, les caractéristiques financières et/ou structurelles de l’obligation peuvent varier. En l’occurrence, GENEO Mezzanine a proposé à Enygea une réduction allant jusqu’à 100 points de base du taux d’emprunt, si l’ensemble des KPIs fixés est atteint, parmi lesquels des indicateurs aussi concrets que le nombre de mètres cube d’eau potable économisée ;
– le reporting, de façon facilement accessible, au moins une fois par an ;
– la vérification externe et indépendante du niveau de performance, pour chaque KPI, par un évaluateur externe qualifié disposant de l’expertise requise.
Sous toutes ces conditions, la mezzanine à impact représente un outil idéal pour les ETI, parfaitement complémentaire de ce qui existe par ailleurs sur le marché. D’abord parce que ce financement obligataire ne modifie en rien la structure du capital, ce qui est un élément essentiel pour ces entreprises aux racines souvent familiales. Ensuite, parce qu’il permet de faire progresser l’entreprise de l’intérieur.
En faisant porter les KPI sur l’atteinte d’objectifs interne on pousse en effet le dirigeant à motiver ses équipes dans cette démarche, ce qui implique un fort leadership de sa part. C’est exactement ce que GENEO Capital Entrepreneur propose dans le cadre de son accompagnement financier ou humain, en appuyant la construction des plans d’actions opérationnels à travers la mise à disposition de son équipe interne de business partners notamment, lors de la souscription à cette mezzanine, la mise en place d’un comité d’impact indépendant rapportant au board. Là aussi avec le souci d’accompagner les dirigeants en place dans leur croissance.