Premières difficultés sur les produits structurés, d’autres à venir ?

Créé le

11.05.2026

-

Mis à jour le

12.05.2026

Des produits construits sur l’action Stellantis voient leur valeur s’approcher de zéro. En cause, une structuration quelque peu aventureuse.

À première vue, le marché des produits structurés ne connaît pas la crise. L’an dernier, le volume de ventes s’est élevé à 60 milliards d’euros en France, selon Hilbert IS, en progression d’environ 10 % par rapport à 2024. La remontée des taux d’intérêt intervenue en 2022 et la hausse quasi continue des marchés actions depuis lors a fourni un contexte très positif à ces produits, permettant notamment le retour de produits à capital garanti et de coupons élevés.

Un montant estimé à 2,5 milliards

Mais dans l’enthousiasme ambiant, certains structureurs et courtiers semblent avoir poussé le bouchon un peu loin. En effet, après une vague de supports axés sur l’évolution des taux d’intérêt, le tassement de ces derniers et la bonne tenue des indices ont conduit les investisseurs à se tourner plus massivement vers des produits dotés d’un sous-jacent actions, avec un potentiel de rendement supérieur. Or, les produits lancés il y a deux à trois ans sur l’action Stellantis se trouvent désormais en grosse difficulté, le cours du constructeur automobile ayant chuté de 26 euros, au pic, à 6,50 euros actuellement.

Commercialisés lorsque le cours était au sommet avec un coupon élevé et une protection importante à l’échéance, ces produits s’approchent aujourd’hui de zéro. « Sur ces produits, la notion de marketing et de vente a pris le dessus sur le conseil », estime Sofyane Hasni, cofondateur du courtier Artemis Investment Advisors. Les sommes en jeu sont estimées à 2,5 milliards d’euros, ces produits ayant été largement commercialisés.

Comment expliquer cette débâcle?

Le sous-jacent utilisé pour ces produits était à dividende fixe (décrément en point). « C’est tout ce qu’il ne faut pas faire car sur une valeur cyclique le dividende est coupé dès que la situation se dégrade », souligne Sofyane Hasni. Un avis partagé par Julien Vautel, P-DG d’Hedios Patrimoine, dans un message envoyé à ses clients et partenaires. « Le vice caché de ces indices en “points” apparaît notamment en cas de baisse durable des marchés, car ils ajoutent un risque substantiel aux produits structurés », indique ce dernier. Les produits Stellantis pourraient n’être que la première secousse d’un séisme plus profond. « On risque d’avoir le même problème avec les produits construits sur des indices thématiques à décrément faussement diversifiés », anticipe Sofyane Hasni, évoquant des indices bâtis spécifiquement pour les produits structurés à partir d’une dizaine de valeurs.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº917