Financement

IT, santé : la dette unitranche s’est imposée avec la crise sanitaire

Créé le

18.07.2022

Au sein de la dette privée,
le financement obligataire unitranche a connu une croissance constante jusqu’à une année record en 2021,
eu égard aux montants levés et investis. L’Indice Aether FS dévoile les tendances
de marché en France.

Apparu au début des années 2010, alors dédié aux small et mid caps, le financement obligataire unitranche a peu à peu évolué pour pénétrer également le marché du large caps et s’imposer comme une alternative crédible et pérenne au financement bancaire. En 2021, 27,1 milliards d’euros (Md€) ont été investis dans le capital-investissement, soit une progression de 53 % par rapport à 2020 et de 41 % par rapport à 2019, selon le rapport de France Invest. Particulièrement adapté aux entreprises en phase de développement et qui doivent mobiliser leur trésorerie pour financer leur croissance, le financement unitranche s’est avéré incontournable en période de crise sanitaire.

L’Indice Aether FS spécifiquement concentré sur le financement unitranche reprend les éléments clés de l’année et les tendances de marché en France. Utilisant une méthode consistant à calculer le rapport entre la marge d’intérêt et le levier au closing d’une opération, ce sur la base de six mois glissants, il permet, au titre du bilan 2021, de dégager trois principales tendances sur l’année écoulée :

une année 2021 sous le signe de la stabilité : l’année 2021 s’est révélée particulièrement stable avec un Indice Aether FS de mêmes valeurs globalement entre le premier et le quatrième trimestre (T1, T4). Cette stabilité s’explique par une légère baisse conjointe des leviers et des marges, qui reviennent pratiquement à leurs niveaux du T2 ;

très peu de syndication sur le mid-market : une grande majorité de financements est apportée par des investisseurs uniques (cela concerne 85 % des transactions inférieures à 50 M€, 71 % de celles entre 50 et 100 M€, et 57 % d’entre elles entre 100 et 200 M€) ;

des opérations plus conséquentes : l’Indice Aether FS permet de mettre en évidence une tendance haussière de la taille des opérations sur 2021, confirmée sur les deux derniers trimestres (supérieure à 75 M€ sur trois trimestres).

Un attrait renforcé pour l’IT

La crise sanitaire a mis en avant le rôle stratégique joué par le private equity et les atouts de son mode de financement. Si l’attrait pour ce secteur est étroitement lié à la crise sanitaire, il tient également à des raisons plus structurelles (vieillissement de la population, prévalence des maladies longue durée) mais aussi à la forte tendance de l’État à recourir à des solutions d’externalisation auprès d’établissements privés. C’est ainsi que le capital investissement a pu apporter son soutien à des laboratoires d’analyses de biologie médicale, cliniques, maisons de retraite, cabinets de radiologie, etc.

Malgré l’attrait notable des investisseurs en dette privée pour le secteur industriel en général, il semble que celui des financeurs unitranche soit inférieure, au profit du secteur des technologies de l’information (IT) qui leur offre croissance, marge et visibilité : trois facteurs-clefs pour obtenir des niveaux de levier importants. L’indice Aether FS constate à cet égard une hausse de 50 % en nombre d’opérations dans ce secteur entre 2020 et 2021, et de 38 % en valeurs de deals (voir graphique 1).

Dans le secteur de la santé, les chiffres publiés par France Invest sont particulièrement éloquents avec 6,2 Md€ de fonds propres injectés en 2021 dans les entreprises de ce secteur. Ils font écho à ceux de l’Indice Aether FS qui constate une augmentation significative de la part des opérations dans ce secteur, révélant le fort attrait des sponsors pour la santé. L’Indice Aether FS enregistre là une hausse de +600 % en nombre d’opérations dans ce secteur entre 2020 et 2021 et de +85 % en valeurs de deals. (voir graphique 2).

Optimisme de rigueur

On remarque également dans ces deux domaines une hausse de l’investissement moyen par société, non sans lien avec l’inflation des valorisations des sociétés non-cotées, due à l’abondance nouvelle de liquidités. Ces secteurs sont appelés, non sans raison, « Covid-proof », et la reprise y est d’autant plus accentuée contrastant fortement avec ceux sinistrés par la pandémie et substantiellement impactés par les réglementations édictées depuis deux ans.

En définitive, si l’année 2021 s’est révélée particulièrement stable pour l’Indice Aether FS, c’est essentiellement parce que les effets de la pandémie ont accéléré les tendances que nous suivons déjà : un attrait grandissant pour la technologie et le digital, une demande croissante du secteur de la santé et des services renforcée par la conjoncture ainsi que des biens et services de consommation en hausse. Ce qui laisse percevoir une poursuite des tendances de fin 2021 pour cette nouvelle année. Plus généralement, la reprise annoncée par France Invest l’est de manière encore plus optimiste que par le Gouvernement.

$!IT, santé : la dette unitranche s’est imposée avec la crise sanitaire

Valeur totale des opérations IT et santé (en millions d’euros). Opérations du portefeuille unitranche Aether FS.

$!IT, santé : la dette unitranche s’est imposée avec la crise sanitaire

% de la valeur totale des opérations cloturées en 2021. Répartition sectorielle du portefeuille unitranche Aether FS.

À retrouver dans la revue
Revue Banque Nº868